Ceux de la colline, ou la malédiction de l’or

Crédits Festival PanAfrica International

« L’or possède les gens, c’est une malédiction », avertit un des personnages du film.

Crédits photo Festival PanAfrica International

Découvrez la critique de Ceux de la Colline, en lice dans la sélection meilleur documentaire au Festival PanAfrica International de Vues d’Afrique.

Tout commence dans le trou, dans les entrailles de la colline : cavités étroites, poutrelles de bois branlantes, un labyrinthe de terre dangereusement profond, secoué de temps à autre par les explosions provoquées par les dynamiteurs. Dehors, le village ne semble pas respirer davantage que sous-terre. La caméra du réalisateur suisse Berni Goldblat suit les orpailleurs sous des tentes de fortune, à la rencontre des commerçants venus acheter de l’or. On pèse le matériau, on discute son prix, on négocie, on paye. Le marché noir de l’or se fait ici, dans ces discussions informelles. Mais où vont les pierres une fois vendues? Ce n’ est pas l’objet du film de Berni Goldblat.

Loin de proposer un documentaire sur le trafic de l’or au Burkina Faso, ce dernier filme la vie des gens qui composent le village né de la mine, un village spontané où contre toutes attentes, un semblant d’ordre social semble avoir émergé, un ordre où l’or dicte sa loi. Et le constat est accablant. Sur la colline de Diosso, l’individu n’existe plus, il n’est que le maillon d’une longue chaîne de travail qui débute à l’intérieur de la mine. Sans nom, ni origine, les personnes filmées deviennent des archétypes, et c’est là peut-être que le bât blesse.  L’orpailleur, l’imam, le marabout, la prostituée… La déshumanisation de ces pauvres diables affaiblit quelque part le réalisme du documentaire, et, dans une moindre mesure, empêche toute identification possible.

Ceux de la colline n’en demeure pas moins un film saisissant, une plongée en apnée dans un univers à la fois carcéral et libérateur. Carcéral car le monde de la mine est clos, libérateur puisque la mine est une destination choisie et non subie par la plupart de ses habitants. « Nous sommes des refusants, ceux qui refusent de faire ce que leur imposent leurs familles et qui font ce qui leur plaît », souligne ainsi un des orpailleurs du documentaire… A voir.

Ceux de la colline

Berni Goldblat

Burkina Faso – Suisse – France

(2008)

Cinéma ONF le dimanche 19 avril 2009 à 18H.

Cinéma Beaubien le mardi 21 avril 2009 à 18H.

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