Du Rap sénégalais à Berlin

Découvrez la critique du nouveau Cd de Sister Fa, artiste sénégalaise. Elle est partie rejoindre son époux en Allemagne et y continue aujourd’hui sa carrière. En attendant de la voir un jour au Québec, Touki Montréal vous propose cette découverte en exclusivité.

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Nicolas Roux

Être une femme rappeuse dans la capitale sénégalaise n’offre pas une vie de tout repos. Face à l’incompréhension des uns et au rejet des autres, Sister Fa possède un tempérament en acier trempé, élément essentiel dans la mise en place de sa carrière. Avec ce deuxième opus, ses débuts sur la scène internationale, elle montre un visage de son talent plutôt convaincant.

Dès les premières notes, on comprend que Sarabah n’est pas un album de rap ordinaire. Milyamba sonne le bal sur un air de kora, ce somptueux luth ouest-africain, livrant un léger parfum local. Soldat est un autre morceau qui sort tout de suite du lot, avec sa touche dancehall et ses paroles accrocheuses. Quelques rappeurs sénégalais s’invitent également sur plusieurs titres, ce qui introduit une certaine variété tant au niveau de l’apport de ces vocalistes que de leur style.

Musicalement, Sister Fa n’hésite pas à puiser son inspiration dans des cultures disparates. Les rythmiques vont ainsi du son Hip Hop classique, avec l’accent sur le scratch, jusqu’aux beats plus complexes, communs aux artistes récents de R’n’B. Les arrangements instrumentaux font preuve d’un éclectisme assez efficace et maintiennent l’auditeur à l’affût pendant les 49 minutes du CD. On retrouve d’ailleurs kora, guitare acoustique et percussions à maintes occasions, le point culminant s’effectuant sur Assoukatene et Bou Souba Si Ngone, qui clôturent cet album sur une note plus détendue.

Comme nombre de ses compatriotes, Sister Fa se démarque de la culture de la violence et du bling bling. Ses paroles très engagées s’attaquent aux problèmes sociaux abondant dans la société sénégalaise tels que le sida, l’excision des jeunes femmes ou le rôle de l’Islam. Le tout dans un mélange de langues passant du wolof au Diola ou au français. Cette richesse linguistique confirme que l’on se situe bien en Afrique et pas dans les rues de Berlin, où Sister Fa vit maintenant depuis quelques années.

Tous ces ingrédients font de Sarabah un album assez réussi. Seul bémol, le manque de constance au niveau de la qualité des compositions. Des titres tels que Hip Hop Rek ou Sister Fa La passent totalement inaperçus et font étalage d’un certain manque de maturité.

Pourtant, à une époque où le rap est souvent en crise d’identité, celle qui avait reçu le prix de meilleur espoir sénégalais en 2005, résiste à la tentation de copier ses grands frères et sœurs nord-atlantiques. Elle parvient à délivrer quelque chose de personnel, ce qui ne laissera pas sans réaction  les amateurs du genre.

Le nouveau Cd de Sister Fa, Sarabah , distribué sur le label Piranha Music

2 COMMENTAIRES

  1. […] Dès les premières notes, on comprend que Sarabah n’est pas un album de rap ordinaire. Milyamba sonne le bal sur un air de kora, ce somptueux luth ouest-africain, livrant un léger parfum local. Soldat est un autre morceau qui sort tout de suite du lot, avec sa touche dancehall et ses paroles accrocheuses. Quelques rappeurs sénégalais s’invitent également sur plusieurs titres, ce qui introduit une certaine variété tant au niveau de l’apport de ces vocalistes que de leur style. More here toukimontreal.wordpress.com […]

  2. recevez tous ms encouragements.surtout regarde devant toi et admet les critiques ca va te faire avancer.fais ce que dois advienne que pourra.merci et du courage bonne chance

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