Les griots à l’œuvre au Balattou

Dans le cadre des étoiles de Nuits d’Afrique, Tapa Diarra et Balla Tounkara se partageaient la scène au Club Balattou. Touki Montréal livre ses impressions.

L’affiche était attrayante pour ce concert de fin de soirée. Tapa Diarra et Balla Tounkara, tous deux issus d’une longue lignée de griots, avaient décidé de faire force commune. À une époque où l’écriture n’était réservée qu’aux religieux, les griots étaient considérés comme les gardiens de la tradition orale. De nos jours, leurs héritiers sont devenus les dépositaires de la parole et de la musique. Nombres d’entre eux figurent parmi les plus grands musiciens ouest africains.

Mais les deux maliens se faisaient attendre. Un Balattou peu rempli, mais tout de même enthousiaste, voyait finalement Tapa Diarra arriver avec plus d’une heure de retard, bien après que les douze coups de minuit aient sonné. Elle dévoilait toutes ses qualités de chanteuses, interprétant deux titres dans la pure tradition des griots mandingues.

Elle annonçait ensuite l’entrée en scène de « son neveu et meilleur ami », Balla Tounkara. Son jeu de kora et sa voix toute en profondeur donnaient immédiatement une autre dimension à ce concert. Il s’est amusé à répéter des cris passionnés et semblait un ton au-dessus de sa tante Tapa Diarra. Visiblement irrité par un public un peu statique, il multipliait aussi les appels à la danse.

Ensemble, ils ont affiché une belle complémentarité. Les musiciens les accompagnant n’ont également pas démérité. On retiendra particulièrement la performance du joueur de kora, qui se lançait dans de multiples duos avec Balla Tounkara. Une soirée assez plaisante en fin de compte, et ce, malgré l’heure tardive.

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