Clandos : tout le monde descend

Sélection officielle du dernier PanAfrica 2009, Clandos débarque au Québec en DVD. Ce moyen-métrage parcourt une expédition très mouvementée à travers la campagne camerounaise. Au-delà de cette épopée rocambolesque, c’est tout un phénomène de société qui est exposé.

Un clando, c’est un taxi clandestin. Souvent sous forme de véhicule en lambeaux, surchargé et au conducteur véreux, il constitue néanmoins un mode de déplacement commun et bon marché. Le manque de réseaux de transport développés et le faible pouvoir d’achat de la population contribuant à la prospérité de ces transports illicites.

Plusieurs passagers dont la Française Julia (Blandine Barlet) se retrouvent à bord du clando de Turbo (Piko Assongni), pour un périple dont ils se seraient passés. Ces voyageurs vont en effet vivre une avalanche de malchances poussée à l’extrême, dénotant un scénario d’une certaine maladresse.

La police et le clando
La police et le clando

Pour ce film dont le manque de moyens est évident, le réalisateur camerounais Gervais Djimeli Lekpa a voulu trop bien faire. Il mise avant tout sur l’action pour laisser de côté les personnages. Peut-être veut-il faire abstraction du jeu souvent affligeant de ses acteurs ? Malheureusement, la mise en scène et les effets spéciaux de mauvais goût ne parviennent pas à relever un niveau qui frise parfois le ridicule.

« Ici tout est imprévisible » annonce le narrateur. Durant 52 minutes, Clandos tente de mettre en lumière cet aspect d’une partie de l’Afrique. Une réflexion sur la société et l’angoisse à laquelle s’exposent certains de ses habitants. Des thèmes cependant mal exploités, dans un film qui laissera un parfum d’inachevé.

Nicolas Roux

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