Kanou, le 1er album d’Occidental Indigène

Après plusieurs tournées au Burkina Faso et en France, Occidental Indigène a sorti au printemps 2009 son premier album international intitulé « Kanou ». Le groupe en a dévoilé l’essence lors de son passage aux Francofolies de Montréal en juillet dernier.

L’album mêle avec brio des sonorités africaines et des harmonies de jazz contemporain. La première chanson, Faso Kadi commence par quelques notes de n’goni (instrument à cordes pincées d’Afrique de l’Ouest), suivi de près par un saxophone. Lorsque la voix de Zaky Diarra – griot, chanteur et musicien burkinabé – se pose sur ces sons, on met littéralement le pied sur le sol africain. Le soleil brûle et on danse, transporté par la mélodie et les instruments du griot, le n’goni et le balafon (un xylophone à lames de bois).

Zaky Diarra et Franck Le fèvre aux Francofolies
Zaky Diarra et Franck Le fèvre aux Francofolies

Outre Zaky Diarra, le groupe est composé de trois musiciens toulousains, de formation jazz : le batteur (Sylvain André), le bassiste (Franck Le Fèvre) et le saxophoniste (Romuald Leroy). « Nous essayons de compléter la musique traditionnelle par nos propres sensibilités », indique Romuald Leroy.

Kanou qui signifie amour universel en Bambara a été écrit par Zaky Diarra. Le chanteur rapporte des récits de vie que lui ont racontés ses parents et ses grands-parents, originaires du Burkina Faso et du Mali. Sa musique transmet des messages de paix évoquant l’afrique, ses valeurs, mais aussi la protection d’environnement et la lutte contre le sida.

Le quartet s’écoute en boucle. On voyage avec eux. Le rythme se développe et se transforme, imperceptiblement. La deuxième chanson Kanou laisse transparaître quelques notes de reggae. À la moitié de l’album, la musique est à son paroxysme, un son afrobeat fait irruption. Le saxophone et le balafon s’affolent, le chant très théâtral de Zaky Diarra qui leur fait écho entraine alors dans une danse endiablée.

Quelques très bons solos ravissent également les oreilles, notamment dans les chansons Yadaa et Fado Funk où le saxophone et le n’goni se répondent dans un dialogue vertueux. Occidental Indigène revisite le jazz avec beaucoup de talent. La neuvième et dernière chanson de l’album, Choz allie la voix saisissante de Zaky Diarra, des chœurs et la musique des trois musiciens. Par touches, on décolle vers le monde coloré de la world music jazz, en extase.

Anne-Laure Jeanson

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