Victor Démé prend enfin son envol

Après une carrière de plus de 30 ans, le Burkinabé Victor Démé déploie enfin ses ailes et sort un tout premier album. Il présente quelque chose de riche, personnel, et prouve que le Burkina Faso tient aussi sa place aux cotés de ses voisins ouest africains du Mali ou du Sénégal.

Victor Démé est parvenu en l’espace de quelques mois à s’imposer sur la scène internationale. Une prouesse due à son tout premier opus, que le musicien enregistre à l’age de 45 ans, dans un studio local de Ouagadougou. La magie qui s’y déroule donne naissance à un délicieux mélange de genres, laissant planer une ambiance autant évocatrice de Cuba que de l’Afrique de l’Ouest.

AlbumArt_{FE22C76E-488B-4BB3-851D-56CC5355117D}_LargeL’artiste burkinabé est par-dessus tout un passionné de musique, et ses compositions s’en ressentent inévitablement. Des styles aussi somptueux que variés se mettent donc en évidence. Djôn’maya ouvre le bal sur des allures de blues latino. Et si l’amour de Victor Démé pour la salsa est flagrant (Toungan), il n’oublie pas pour autant son temps passé dans des groupes traditionnels mandingues. Balafon, kora et autre ngoni s’invitent d’ailleurs sur Tama Ngnogon et Dala Môgôya, affichant une couleur beaucoup plus locale.

À l’instar de nombre de ses compatriotes artistes, Victor Démé se sert de la musique comme medium pour véhiculer des messages engagés. Et comme il le souligne lui-même, les petits gestes quotidiens marquent le principe fondamental de tout combat politique. Avec ce premier album, Victor Démé parviendra nul ne s’en doute à exaucer ces vœux de paix et de tolérance dans un monde qui ne sortira que grandi par le charme de ses mélodies.

Nicolas Roux

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