RIDM : Episode III enjoy poverty

Le pouls :

Un documentaire à ne pas voir si on ne se sent pas concerné par la pauvreté, par la misère et la souffrance des autres. Triste et par moment très difficile, ce documentaire pourait jouer beaucoup avec la tension et le pouls de celui qui le regarde.

Le pitch :

Est ce que la pauvreté pourrait être considérée comme une ressource au même titre que l’or ou le diamant ? C’est l’hypothèse de Renzo Martens. Dans un pays comme la République Démocratique du Congo, l’aide est estimée à plus de 1,9 milliards de dollars. Soit plus que ce que rapporte diamant, or et cobalt.

À partir de ce constat, le réalisateur tente de démontrer que si l’on considère la pauvreté comme une ressource, seuls les occidentaux sont les bénéficiaires. Qu’ils soient photographes, organismes humanitaires  (Medecins sans frontières, HCR, UNICEF etc.) ou autres producteurs installés dans les régions en guerre ou en proie à une extrême pauvreté.

Le réalisateur Renzo Martens
Le réalisateur Renzo Martens

La technique :

Présent tout au long du documentaire, le réalisateur est au four et au moulin. On le voit dans une conférence de la banque mondiale, tantôt dans un hôpital filmant un enfant à peine mort. Puis on le revoit filmant des photographes européens prenant des photos de cadavres.

210 x 300 (Page 5)Renzo Martens fait aussi penser à l’américain Michael Moore. Autant pour les qualités de celui qui a réalisé Bowling For Columbine que pour certains défauts du réalisateur de Farhenheit 911. Dans les deux cas, il faut faire la part des choses. Par exemple, lorsqu’il soulève la question sur la responsabilité de l’artiste en temps de guerre et qu’il questionne un photographe de l’AFP sur le vrai propriétaire d’une image dans laquelle on aperçoit un soldat en treillis armés jusqu’au dent. On peut se demander si lui avec sa caméra agit autrement.

La scène à retenir :

C’est probablement la moins violente du film mais c’est celle sur laquelle repose toute l’argumentation. Dans un village au Congo, le réalisateur démontre par calcul que les photographes locaux  ne devraient plus filmer les anniversaires, mariages et autres réjouissances comme ils ont l’habitude de le faire. Il démontre que scènes de viols, photos de cadavres ou d’enfants affamés rapportent beaucoup plus, soit 1000$US par mois contre seulement 1$…

Le réalisateur :

Renzo Martens est un Hollandais. Avec Episode III – ‘Enjoy Poverty’, il soulève des questions importantes : Double morale de l’aide au développement, mise en image perverse de la pauvreté. Il s’agit du deuxième documentaire d’une série que le hollandais a entrepris sur la question de l’image et sur le rôle et la responsabilité du documentaire. Episode I, le premier était consacré aux victimes de guerre dans une ancienne république de l’URSS.

La bande annonce :

Le documentaire Episode III Enjoy Poverty sera diffusé samedi 14 novenbre à 15h30 à l’ONF. Il sera suivi d’un débat avec le réalisateur et animé par Michel Coulombe : L’image de la pauvreté dans les médias: humanisme ou exploitation ? Le documentaire est en compétition dans la catégorie Rubans Canards.

Stéphane Waffo

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