Nha Sentimento de Cesaria Evora

Sorti à l’automne dernier, Nha Sentimento, le dernier album de la diva aux pieds nus,  s’inscrit dans la continuité de l’oeuvre de la chanteuse avec une petite dose de légèreté en plus.

Les mornas, ces mélodies tristes typiques du Cap-vert et qui ont rendu célèbre Cesaria Evora, laissent un peu plus de place aux coladeras sur cet album. Les coladeras sont des mornas au rythme accéléré. Si les mélodies donnent donc une impression de sérénité, les thèmes abordés, eux restent graves. La nostalgie et la fatalité, sujets chers à la chanteuse flottent dans l’air tout au long du disque même si les choeurs veloutés et les riffs de guitare chaloupés dédramatisent le tout.

Fidèle à ses habitudes, Cesaria Evora s’est entourée d’une pléiade de musiciens sur Nha Sentimento. Sur les titres Vento de sueste, Sentimento et Mam’Bia  É So Mi, la chanteuse est accompagnée d’un ensemble de cordes égyptiennes coordonné par Fathy Salama qui dirige le Grand orchestre du Caire.Un choix musical judicieux, puisqu’il donne de l’amplitude aux mélodies. L’accordéon s’invite aussi sur Nha Sentimento en ajoutant des saveurs latines en particulier sur Ligereza, chanson enregistrée à Bogota avec l’accordéoniste Henri Ortiz.

À 68 ans, si la voix de la chanteuse a un peu perdu en souplesse, elle reste porteuse d’émotions. Reconnaissable entre mille, elle fait corps avec l’instrumentation. Pour apprécier l’évolution de l’organe  de la reine de la morna, l’écoute de l’album d’inédits sorti fin 2008, Radio Mindelo, est intéressante. Les vingt-deux titres enregistrés entre 1959 et 1961 témoignent du passage du temps comme des trésors retrouvés.

Cesaria Evora sera au Festival de Jazz de Montréal le 28 juin 2010.

Montage photo réalisé par Nkrumah Lawson-Daku sur le titre sentimento

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.