Tinariwen : l’invitation au voyage

Consacré meilleur groupe africain par le prestigieux magazine Rolling Stone, Tinariwen était à Montréal pour promouvoir son dernier album Imidiwan : Companions. Touki Montréal n’a pas manqué cette grande visite.

20h02 à la Tulipe, les premiers accords du groupe touareg sonnent au grand dam des spectateurs encore en attente de leurs billets sur la rue Papineau. La salle se remplit au fur et à mesure alors que les musiciens entament déjà leur deuxième morceau, Tenhert, la pièce rappée de leur dernier opus. La choriste lance des youyous (cris aigus typiques des femmes musulmanes) aussitôt repris dans la foule. La Tulipe se réchauffe. Le Sahara n’est pas loin.

A.Ag Alhousseyni  – Photo : Leslie Doumerc

Le chanteur et guitariste Ibrahim Ag Alhabib entre en scène sous des tonnerres d’applaudissements à la troisième chanson seulement. Ils sont à présent six musiciens sur scène : deux chanteurs et guitaristes de tête, une choriste, un bassiste, un percussionniste et un guitariste. Une formation réduite qui leur permet « plus de précision dans leur musique », disent-il dans une entrevue accordée au journal Le Soleil.

Said Ag Hayad aux percussions-Photo : Leslie Doumerc

Ils enchaînent principalement des pièces de leur dernier album, mais reprennent aussi pour le bonheur du public l’un de leur grand succès Cler Achel.

Abdallah Ag Alhousseyni a l’air plutôt content de parler français au terme de cette tournée nord-américaine lorsqu’il demande : « Ici on peut dire ça va ? C’est bon ? » Tinariwen offre une prestation rodée et efficace.

Leur blues du désert alliant guitares débridées et rythmes traditionnels habite la scène et ravit le public. Celui-ci manifeste une joie évidente lors du rappel que les musiciens honorent pour finalement clôturer ces 100 minutes de concert en apothéose avec une montée percussive impressionnante.

Malgré cette très bonne performance des rockers du Sahara, on peut déceler la fatigue du groupe qui termine sa tournée au Québec avant de retourner chez eux au Mali. Cela ne les empêche pas de descendre dans la salle après le concert. Ils acceptent les demandes de photos et d’autographes avec gentillesse. Abdallah Ag Alhousseyni confie à Touki que ça n’a rien d’exceptionnel, ils le font souvent.

Impossible d’évoquer Tinariwen sans aborder leur univers politique et culturel. Pour en savoir plus sur l’histoire surprenante de ces musiciens rebelles du désert: le documentaire Teshumara : les guitares de la rébellion touareg

Quelques photos de la soirée :

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Photos : Leslie Doumerc

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