Dieu a-t-il quitté l’Afrique?

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C’est sur le «banc des égarés», à Dakar, que les jeunes Sénégalais se retrouvent pour parler de l’avenir. Pour eux, une seule possibilité : l’Occident. Le film sera présenté sur TV5-Canada, le dimanche 18 avril à 20h et rediffuser le mardi 27 avril.

Bruxelles, 1999. Deux jeunes Guinéens sont retrouvés morts dans le train d’atterrissage d’un avion. Une lettre sur l’un deux explique qu’ils préfèrent la mort à leur vie. Ils implorent les gouvernements européens d’aider les jeunes à venir travailler et étudier dans leurs pays. Telle est la prémisse du documentaire de Musa Dieng Kala.

L’envie des jeunes africains de quitter leur terre natale ne date pas d’hier. En témoignent les photos en noir et blanc qui ouvrent le film. Chaque année, des milliers de jeunes tentent de franchir les frontières qui les séparent d’une vie meilleure.

Jeunes SénégalaisTous les moyens sont bons ; par les airs, par la terre, le plus souvent par la mer. Plusieurs y laissent leur vie. Néanmoins, c’est le rêve commun de Kader, Ibrahima, Ahmadou, Omar et Djiby.

Le réalisateur filme leur constat désespéré : il n’y a pas d’avenir pour eux au Sénégal. Chaque jour, les jeunes hommes peinent à vivre, à survivre. Ils s’épaulent en se racontant leurs problèmes et leurs espoirs futurs. Ils tenteront de trouver visas ou marins disposés à les emmener loin du lieu qui les a vu naître.

Le cinéaste et musicien Musa Dieng Kala se demande si Dieu a quitté l’Afrique, vidant sa jeunesse de tout espoir, de toute ambition d’y vivre. On voit pourtant les protagonistes prier comme il se doit, mais ils ne comptent pas sur Dieu pour tracer le destin tant désiré.

Dieu a t-il quitté l’Afrique ? est un portrait plutôt pessimiste. Dans ce documentaire, Musa Dieng Kala témoigne du sentiment de bien des jeunes.

Ponctué d’une narration poignante (Musa Dieng Kala et Famara Kujabi), Dieu a-t-il quitté l’Afrique est un passage obligé pour comprendre le mythe de l’Occident.

Le film de Musa Dieng Kala a reçu plusieurs prix. En 2009, il a recu le  prix AQCC pour le meilleur court ou moyen documentaire au Rendez-vous du cinéma québécois. Toujours dans la même année, le film a été primé au Festival du court métrage et de la vidéo de Yorkton et au Festival panafricain du cinéma et de la télévision, FESPACO 2009 avec le prix spécial « Bank of Africa ».

1 COMMENTAIRE

  1. Ce film est une page de plus sur les centaines d’écrits et de témoignages qui ont parlé du désarroi de la jeunesse africaine face au cours de la vie. la vie quotidienne devient un calvaire pour des millier d’entre eux et des Musa, il en existent des millions sur le continent qui sont effectivement prêts à sacrifier leur vie pour peut-être un mirage éphémère à l’autre bout du monde. Mais des cris de Musa ou de Kamara, lequel a été réellement entendu et des deux côtés de l’Atlantique? Car si l’on en fait des films, si des morts s’en suivent ; c’est qu’il y a une forte volonté de ne pas y trouver des solutions.
    Des solutions vous allez peut-être me dire qu’il y en eu certes, mais de quelles solutions s’agit -il?
    Je conclurai par le fait si les jeunes africains cherchent à aller ailleurs, c’est parce que la politique intérieure de leurs États respectifs n’est pas bonne d’une part, celle extérieure des États occidentaux pour leurs pays n’est pas des meilleures d’autre part. Alors à quel saint se vouer? Il y en aura toujours d’autres documentaires qui sombreront dans les méandres de l’oubli. Pendant ce temps que vaut une vie humaine?….Pas un clou.

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