Disgrace de Steve Jacobs

Dans le cadre de la 26e édition du Festival PanAfrica international de Montréal, découvrez la critique du film d’ouverture, Disgrace du réalisateur Steve Jacobs. Le film sera présenté le jeudi 15 avril au cinéma impérial.

David Lurie (John Malkovitch), un professeur de poésie romantique se retrouve en plein milieu d’une sombre affaire de moeurs. Après une aventure sans queue ni tête avec une de ses étudiantes, il est obligé de démissionner. Il décide alors de se réfugier chez sa fille Lucy (Jessica Haines), qui vit à mille lieues de Cap Town. Lucy habite dans un pseudo domaine agricole isolé et partage son terrain avec un certain Pétrus (Eriq Ebouaney).

L’action du film se passe dans l’Afrique du Sud post-apartheid, dans un climat de paix fragile, de violence subite et acceptée et de fatalité totale. L’homme, peu importe sa couleur ne résisterait plus à ses pulsions, et l’enfant roi serait à l’apogée de son règne. Le sujet est brulant et les non-dits de ce film irritent au plus haut point. Surtout, le jeu des acteurs participent à cette irritation.

Qu’il s’agisse de l’actrice sud-africaine Jessica Haines, du franco-camerounais Eriq Ebouaney ou encore pire de l’indétestable John Malkovitch, il est un fait, le spectateur ressort de ce film blessé, meurtri. Aussi bien dans sa chair que dans sa peau. Simplement parce qu’ils arrivent à canaliser et à reproduire ce qui fait parfois de l’être humain, un être de dégoût.

L’acteur américain est sans doute l’incarnation de cette représentation. Ceux qui le déteste voudraient l’aimer et ceux qui l’aiment n’ont qu’une envie, c’est de le détester. Au final, il est toujours là, et il faut faire avec, tout comme la nature humaine. Qu’elle soit plutôt noire comme Pétrus ou blanche comme Lurie.

Pendant deux heures, la tentation sera sans doute pour le spectateur, de deviner les scènes suivantes.  À ce jeu là, Steve Jacobs, le réalisateur n’a rien voulu savoir. Rien n’est prévisible, tout est réaliste. Il ne faut rien deviner mais plutôt savoir encaisser. Et l’on ne s’y habitue pas, jusqu’à la fin. Pas celle du film mais bien celle de nos pensées.

Inspiré du roman éponyme du sud-africain John Maxwell Coetzee publié en 1999, Disgrace a le mérite d’attirer l’attention du monde sur les réalités actuelles de l’Afrique du Sud. Suite à ce roman, le romancier a reçu en 2003 le prix Nobel de littérature.

Le film sera présenté au cinéma du Parc pendant une semaine à partir du 16 avril.

La bande annonce :

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