Vues d’Hassane Amraoui

Lauréat du concours de la 26e affiche du festival PanAfrica International de Vues d’Afrique, Hassane Amraoui a chaleureusement accueilli Touki Montréal dans son havre de paix sur la rue Parthenais.  Nous dévoilant ainsi en primeur son exposition annulée du Rally-Expo et reportée au 13 jusqu’au 16 mai dans le cadre de La virée des ateliers de l’édifice Grover.

Son œuvre, que l’on retrouvait placardée un peu partout en ville ces 15 derniers jours, vient de la série Désert Blues. Elle représente un groupe de nomades touaregs avec qui il a vécu dans le grand désert, le Tassili N’ajjer. Il l’a peinte à Montréal en s’inspirant des airs et de chants touaregs qui tournent en boucle sur CD dans son local de l’Usine Grover, dont l’album du groupe Tinariwen, en visite récemment à Montréal.

Ce qu’exprime Hassane Amraoui dans son oeuvre:

Natif de Tifrènes aux Aurès en Algérie, l’artiste puise dans ses origines et imprègne ses toiles des tons ocre de la terre et de la roche, de la chaleur et des paysages de son village natal qui ont teinté son enfance. Il travaille la peinture acrylique ou à l’huile et mixe les textures.

« Quand on parle du désert, les gens pensent au pétrole, à l’uranium, au gaz et à toutes les ressources qui s’y trouvent. Or, il y a des valeurs humaines et des cultures très riches implantées dans le désert. » C’est donc pour contrer cette ignorance que l’artiste espère faire œuvre utile en peignant ce qu’il y a de plus pur dans la nature et de plus beau dans la culture berbère.

Diplômé de l’École nationale de Batna en Algérie, puis de l’École supérieure des beaux-arts d’Alger, il crée puis expose depuis 20 ans en Afrique du Nord, en Europe, et maintenant à Montréal. Il sème ses œuvres au gré de ses voyages dans différents lieux publics (édifices, hôtels, banques, collections d’États), au Musée de Sapa Djerba en Tunisie, à l’Hôtel de Ville de Paris et à l’hôtel Le Méridien à Libreville au Gabon, entre autres. « Je suis un nomade, tous les trois mois j’essaie de voyager et de préparer en parallèle une exposition. »

Ses œuvres les plus impressionnantes, Hassane Amraoui les a léguées à son pays d’origine. Il s’agit de fresques mesurant entre 15 et 40 mètres, peintes dans des grottes et sur des rochers en hommage au langage pictural ancestral ainsi qu’aux gravures rupestres, sources de son inspiration.

Outre la grande fenêtre offrant une vue sur Montréal jusqu’au pont Jacques Cartier, les murs de son atelier son entièrement recouverts de ses tableaux, de ses « cris du cœur », comme il les définit.

Poussé par l’envie de découvrir la culture québécoise, Hassane Amraoui vit à Montréal depuis 5 ans. Il devient papa d’une fillette de 2 ans et réalise une quantité de toiles, dont des dizaines d’immenses fresques enroulées sur ses étagères. En 2006, il présente sa première exposition solo, intitulée Où va le monde?, à la galerie Crescent Contemporain. Il a également pris part à la 6e exposition du Collectif Bain Mathieu en 2008 et compte parmi les membres actifs de Diversité artistique Montréal.

Son œuvre La tribu du soleil à été offerte par le Conseil des arts de Montréal à la récipiendaire du premier Prix interculturel de Montréal Abe-Limonchik, Mme Marie-Claude Barey en octobre 2009. Ce prix vise à souligner la contribution d’un individu à l’amélioration des relations interculturelles et à la promotion de la diversité sur le territoire montréalais.

À cause d’un malentendu, Hassane Amraoui à préféré annuler l’exposition annoncée dans le cadre du Rally-Expo de Vues d’Afrique. Qu’à cela ne tienne, vous pourrez admirer son travail du 13 au 16 mai durant l’expo vente La virée des ateliers, au 2065, rue Parthenais.

Pour en savoir plus sur l’artiste, Touki Montréal vous conseille de lire le magnifique portrait écrit par Zoubir Khelaïfia

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