Liberty chez Castermann

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La maison d’édition Castermann s’intéresse de plus en plus aux histoires de l’Afrique. Pas seulement l’Algérie et le Maghreb. Liberty de Warnauts et Raives retrace la vie d’une mère et de sa fille, des beaux quartiers de Kinshasa (la belle) aux ghettos noirs de New York.

Extrait de l'album Liberty paru chez " Casterman "

L’histoire de cette BD commence au Congo d’aujourd’hui, le Zaïre de Mobutu Sese seko. En octobre 1974, ce vaste pays de l’Afrique sera le centre de l’attention médiatique, le temps d’un combat. Le plus grand de l’histoire de la boxe. Cassuis Clay devenu Mohamed Ali s’apprête à récupérer sa ceinture de champion face à Foreman. Le match a lieu à Kinshasa. Dans les valises des sportifs, le chanteur James Brown et ses musiciens atterrissent eux aussi sur le tarmac de l’aéroport.

Quelque part dans un hôtel, la jeune Tshilanda, à peine 16 ans, assiste à ce remue-ménage sans trop y faire gaffe. Elle est jeune. Fille d’un ancien membre de la garde présidentielle devenu chef de la sécurité dans cet hôtel luxueux, Tsilanda ne doit surtout pas s’aventurer dans certaines sections du palace. Mais aujourd’hui comme hier, les interdits sont souvent bravés.

Impressionnée par les Américains, elle succombe au « charme » démoniaque de l’un d’entre eux et  l’instant d’une strip de dessin, elle se retrouve enceinte. Aidée par celui qui deviendra son ami de toujours, Tshilanda va élever sa fille, Liberty, au pays de l’oncle Sam. Le pays de la liberté.

Voilà une histoire passionnante et différente qui nous est proposée par la célèbre maison d’édition de bandes dessinées. Les dialogues, plutôt d’un registre assez soutenu, valent le détour. On y découvre aussi l’Amérique des années 70 dans les quartiers pauvres, en plein dans les luttes antiraciales, avec l’essor du groupuscule des Blacks Panthers.

Liberty finit sur une note d’espoir. Barack Obama est le nouveau président des États-Unis et les Yes We Can transcendent même les planches de dessin. « Carpe diem, le lendemain aura soin de lui-même ».

Autre note finale, cette fois des deux auteurs.

« Toute histoire a un début et une fin. Celle-ci a commencé en Afrique avec le combat de boxe Ali-Foreman et s’achève en Amérique du Nord avec l’élection de Barack Obama et ces mots du nouveau président : « À tous ceux qui nous regardent ce soir au-delà de nos frontières, depuis les parlements et les palais jusqu’à ceux qui sont rassemblés au tour de postes de radio dans les coins oubliés du monde, nos histoires sont singulières mais notre destin est commun…” »

Warnauts et Raives

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