Actualités de la semaine du 31 mai

Retrouvez comme chaque semaine l’actualite du continent. Cette semaine, la question de la liberte de la presse et des journaux au pays de Robert Mugabe, le cas d’un medecin rwandais arrete en France ou encore l’instauration d’une journee nationale sans portable au Maroc.

De nouveaux journaux au Zimbabwe

Pour la première fois en sept ans, les Zimbabwéens pourront choisir entre le Herald, l’organe de presse du gouvernement de Robert Mugabe, et quatre autres journaux.

Dans un pays où, depuis des années, les journalistes sont jetés en taule pour avoir « publié de fausses informations » et où la salle de rédaction du dernier journal indépendant a été dynamitée, la naissance de quatre nouveaux journaux a de quoi étonner.

C’est la Zimbabwe Media Commission (ZMC) qui a annoncé, le jeudi 27 mai, l’octroi de ces licenses d’exploitation. La ZMC a été créée en décembre 2009 par le  gouvernement d’union de Robert Mugabe et de Morgan Tsvangirai. M. Mugabe, président, et M. Tsvangirai, Premier ministre, partagent le pouvoir depuis 2008.

Selon le Mail & Guardian, une publication sud-africaine, ce changement de cap serait largement attribuable aux pressions exercées par l’Afrique du Sud, qui agit comme médiateur entre les formations politiques de Robert Mugabe (Zanu-PF) et de Morgan Tsvangirai (Movement for democratic change).

La nouvelle est accueillie avec circonspection par Jethro Goko, qui publiera l’un des journaux nouvellement admis dans la sphère médiatique zimbabwéenne. En clair, il y croira lorsqu’il verra « le journal dans les rues » et qu’il sera assuré que ses employés « ne seront pas arrêtés », a-t-il affirmé au New York Times.

Par ailleurs, le Mail & Guardian se montre sceptique quant à la viabilité de cinq quotidiens au Zimbabwe, un pays dont la situation économique est catastrophique. D’autant plus que, selon le journal, l’unique fournisseur de papier journal est incapable d’approvisionner les journaux existants de façon adéquate.

Sources : Mail & Guardian, The New York Times, BBC News

Pour aller loin : Lisez le témoignage saisissant du reporter Barry Bearak emprisonné au Zimbabwe après avoir été « accusé de journalisme ».

Médecin rwandais arrêté en France

Les autorités  françaises ont épinglé, le mercredi 26 mai, le docteur Eugène Rwamucyo à Maubeuge, dans le nord de la France. Recherché par Interpol ainsi que par les justices française et rwandaise, M. Rwamucyo est soupçonné d’avoir participé au génocide des Tutsis en 1994, au Rwanda.

Kigali l’accuse d’avoir participé à des rassemblements organisés par d’autres responsables du génocide et d’avoir rencontré le Premier ministre de l’époque, Jean Kambanda, déjà condamné à une peine de perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). On accuse aussi Eugène Rwamucyo d’avoir dirigé un hôpital où des massacres ont été perpétrés contre les Tutsis.

C’est cette dernière accusation que le médecin réfute, car il reconnaît avoir participé à des rassemblements.

Le Rwanda demande l’extradition de M. Rwamucyo. En attendant la décision de la chambre d’instruction de Versailles sur cette question, l’homme demeurera incarcéré.

Selon l’AFP, Kigali s’est réjouie de cette arrestation en sol français. « Nous constatons que la France s’est engagée à poursuivre les présumés génocidaires réfugiés sur son territoire », a déclaré le procureur général, Martin Ngoga, sur les ondes de Radio Rwanda.

M. Rwamucyo a été arrêté suite aux obsèques du Rwandais Jean-Bosco Barayagwiza, co-fondateur de la Radio télévision libre des Mille-Collines. Celui-ci avait été condamné par le TPIR pour son implication dans le génocide.

Sources : Le Monde, Jeune Afrique, AFP

Pour aller loin : Voir la vidéo de l’arrestation d’ Eugène Rwamucyo.

Les Fennecs sont en ville

Les membres des sélections de 1982 et 1986 de l’équipe de football algérienne Les Fennecs ont été pris de court par l’enthousiasme de leurs partisans montréalais.

El-Watan rapporte que Chaabane Merzekane, premier à franchir la douane de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, a été pris d’assaut par les supporters algériens. L’arrivée de Lakhdar Belloumi, pour sa part, a fait craindre les débordements quand les jeunes ont commencé à scander son nom.

En novembre, déjà, la communauté algérienne de Montréal était en liesse. Les klaxons ont résonné pendant des heures dans les rues montréalaises suite à la victoire de l’Algérie sur l’Égypte. Un gain qui permettait à la formation de se qualifier pour la Coupe du monde qui aura lieu dans quelques jours en Afrique du Sud.

Les joueurs ont profité de leur passage pour jouer une partie amicale au stade de l’Université Laval, à Québec, et pour se mesurer à la sélection canadienne au complexe sportif Claude-Robillard, à Montréal. Ils ont également paradé dans Le Petit Maghreb, un quartier montréalais.

Pendant ce temps, les Fennecs (mouture 2010) se préparent à un premier leur premier affrontement de la Coupe du Monde. Ils se mesureront à la Slovénie  le 13 juin.

Sources : El Watan, ksari.com, FIFA

Pour aller loin : L’arrivée des joueurs en photos.

Rappel historique: l’Algérie cause la surprise en gagnant contre la puissante Allemagne de l’Ouest, en 1982.

Le 30 mai, on se tait

« Nous ne sommes pas des vaches à lait, tempête Anas B. El Filali lors d’une interview accordée à Afrik.com. Les opérateurs doivent baisser leurs prix pour que l’on puisse appeler à des tarifs raisonnables. »

Ce docteur en médecine est à l’origine de la Journée nationale sans portable au Maroc, qui a lieu le 30 mai.

L’initiative semble mobiliser la population marocaine, autant sur Internet que dans les rues des grandes villes. À preuve, le groupe Facebook créé par M. El Filali il y a environ un mois compte plus de 30 000 adhérents. Et « tout le monde en parle, dans la rue à Rabat, à Casablanca… », ajoute-t-il.

Le prix des appels téléphoniques au Maroc se classerait parmi les plus chers du monde arabe, selon le rapport d’Arab advisors Group et du World Economic Forum.

Selon Afrik.com, trois opérateurs se partagent le marché de la téléphonie mobile en ce moment: Maroc Telecom, Meditel et Inwi. La concurrence est toutefois inexistante, souligne la publication, qui précise que les coûts des communications varient entre 3 dirhams (environ 35 sous) et 5 dirhams (environ 60 sous) la minute, en journée, peu importe le fournisseur.

Le petit journal de Casablanca rapporte que l’idée d’Anas B. El Filali a plu à la Fédération Nationale des associations de consommateurs, qui a rejoint la lutte et a promis une importante mobilisation.

Sources : Afrik.com, Le petit journal (Casablanca), emarrakech.info

Pour aller loin : Une comparaison des tarifs de Maroc Telecom au Maroc et au Mali.

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