Gad Elmaleh : Un peu trop grandiose?

Défi relevé, 6342 personnes ont assisté à la première du spectacle Papa est en haut de l’humoriste Gad Elmaleh, le jeudi 27 mai au Centre Bell. Un public composé de politiciens, de personnalités, de Québécois, de Français, d’Arabes et de Touki Montréal.

Dès 19h, un tapis rouge et une vingtaine de flashs accueillent les nombreux V.I.P à l’entrée Est du Centre Bell. Ambiance strass et paillettes, les tenues de soirée défilent, le premier ministre Jean Charest se gare en 4×4 limousine tandis que les vrais fans de Gad portent des t-shirts à son effigie.

À 20h15, le quart d’heure de retard impatiente la foule qui frappera des mains et sifflera jusqu’à 20h37. Puis le stade plonge dans le noir, un faisceau rouge illumine sa silhouette, Gad entre en scène par un pas de danse sur une musique de Mickael Jackson.

Dès les premières secondes du spectacle, les premiers milliers de rires retentissent. Le roi du stand-up marocain réagit au youyou d’une spectatrice, « il n’y a pas que des Québécois dans la salle, constate-t-il. » D’emblée, la foule est réactive, rit et l’applaudit.

En milieu de spectacle, alors que Gad se dit fier d’être le seul et l’unique humoriste à s’offrir le Centre Bell, surprise,  Martin Matt entre en scène. « Merci de faire ma première partie », lance le célèbre humoriste. « Tu ferais mieux de me remercier de donner un coup de main à ta carrière », rétorque Gad.

Ses sketches ont donc été adaptés au public québécois avec des clins d’œil aux personnalités d’ici (Halak, Marc Labrèche, Maxime Lapierre, entre autres). Dans son One-man-show, Gad interagit beaucoup avec les spectateurs, il demande leur prénom, fait asseoir ceux qui veulent sur les sièges libres du premier rang et répond systématiquement à ceux qui l’interpellent.

Lorsque Gad raconte que son fils lui a demandé « Quand je serai un papy, tu seras où toi? » Quelqu’un dans la salle répond « Papa est en haut ». Touché, Gad lui demande son prénom pour lui dire « C’est très beau ce que tu as dit Adam. »

Malheureusement, le Centre Bell était une salle démesurée pour le maître de l’improvisation. Il a dû demander plus de six fois son prénom pour l’entendre puis lui répondre. La production  a voulu nous en mettre plein la vue, c’est réussi. Il y en avait peut-être même un peu trop.

Gad l’a dit lui-même dans son spectacle, les guirlandes de lumière lui ont coûté une fortune, et pourtant, elles ne servent pas à grand-chose. Les écrans à sous-titres n’étaient pas non plus indispensables pour les paroles de sa comptine « Hé hé hé, oh oh oh, fais dodo ». Malgré cette seule longueur à laquelle le public semble le moins avoir adhéré, Gad a prouvé ses multiples talents de pianiste, guitariste, percussionniste et chanteur.

Gad Elmaleh reste avant tout un excellent observateur de nos petits faits et gestes du quotidien, parfois incohérents. Il critique les berceuses sans queue ni tête, cite l’ignoble surréalisme « d’une souris verte » et de « J’ai du bon tabac dans ma tabatière, tu n’en auras pas » qu’il détourne « tant qu’à faire » en chantant « J’ai du bon pot dans ma popotière. »

À la fin du spectacle Gad Elmaleh raconte son début de carrière et remercie Montréal et les gens présents dans la salle, notamment Michel Azoulay qui à l’époque le poussait à monter sur scène pour raconter ses anecdotes de vie, comme il ne cessera de le faire.

Pour revoir les conseils de Gad à Touki Montréal :

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