Géopolitique et coupe du monde

En 1927, un avocat français, Jules Rimet, décide d’organiser un véritable championnat de football, ouvert aux amateurs comme aux professionnels. 80 ans plutard, la coupe du monde n’est plus seulement un évènement sportif. Le football est devenu « un pur produit de la mondialisation ». Cinqs auteurs l’ont compris et l’expliquent dans Géopolitique de la Coupe du monde de football 2010.

Publié en mai dernier par les Éditions Septentrion, cet ouvrage a la prétention de disséquer les enjeux de pouvoir et de rivalités sportives autour d’un méga-évènement comme la coupe du monde de soccer. Pour y arriver, les auteurs, sous la direction d’Éric Mottet, professeur de géopolitique au Département de géographie de l’UQUAM, remontent à l’origine de la création de la FIFA (Fédération international de football associaton) et sur les combats qu’ont du mener ses dirigeants.

À l’instar du brésilien Joao Havelange, président de la FIFA de 1974 à 1998 qui a du lutter sans merci contre l’hégémonie européenne pour faire une plus grande place à des nations sud-américaines ou encore africaine.

« Pour promouvoir sa candidature, [Jao Havelange] n’hésite pas à organiser des tournées de la sélection ménée par Pelé, dans plusieurs pays d’Afrique. Plus sérieusement, il promet une modernisation de la FIFA, de meilleurs revenus pour les « petites fédérations », plusieurs programmes de développement et l’élargissement de la coupe du monde à vingt-quatre équipe au lieu de seize »

Organisé en six chapitres, Géopolitique de la coupe du monde de football 2010 fait le tour d’horizon du football moderne. Le deuxième chapitre de Jean Gounelle, l’ancien de RDS et aujourd’hui chroniqueur à Radio Canada revient sur l’édification sportive et politique de la FIFA tandis que le troisième revient sur l’ascension et « la longue marche » des pays africains, de Côte-de-l’Or au Ghana ou les missionnaires de l’empire britannique apportaient de nouvelles valeurs comme la « Bible et la Ballon » jusqu’à Durban ou dans quelques jours, l’effervescence du Mondial fera oublier les problèmes de la ville. Le livre est aussi rempli de plusieurs cartes et images qui accompagnent les textes et illustrent certains propos. Pour Éric Mottet, l’idée c’était aussi de « faire de la géopolitique comme  la géographie ».

Dans le chapitre quatre, Romain Roult,  chercheur permanent du Groupe de recherche sur les espaces festifs à Montréal souligne certains des effets négatifs de l’organisation d’un méga évènement sportif. Ainsi, le lecteur apprendra par exemple que pour les JO de SEOUL, 15% de la population de la ville avait été déplacée et 48000 immeubles ont été démoli. Pour la coupe du monde en Afrique du Sud, plus de 80000 personnes ont été déplacé. Pire, l’auteur démontre l’inadéquation entre les sommes dépensées pour l’organisation de la coupe du monde en Afrique du Sud et la pauvreté qui ne cesse d’augmenter.

« Alors que près de 4,5 millions de personnes vivent dans des bidonvilles, l’État sud-africain a choisi de débourser près de 2 milliards de dollars dans la construction et la rénovation des dix stades qui accueilleront le Mondial »

Les auteurs reviennent aussi sur certains matchs historiques comme celui de 1986 entre l’Argentine et l’Angleterre sous fond de guerre des Malouines ou encore l’affrontement de 22 guerriers du ballon rond entre les frères ennemis (1974, RFA vs RDA) ou les ennemi de toujours (1998, IRAN vs USA).

Géopolitique de la coupe du monde de football 2010 est un ouvrage qui se lit facilement et qui démontre sans prétention que le football moderne n’est plus celui des Pelé et Socrates mais qu’il reste malgré tout, avec des évènements comme la coupe du monde, une grande fête populaire. Les connaisseurs apprécieront la préface de Vincent Machenaud, journaliste et membre de l’équipe On refait le match d’ Eugène Saccomano sur RTL.

Géopolitique de la coupe du monde de football 2010 : Éric Mottet, Jean Gounelle, Sylvain Lefebvre, Yann Roche et Romain Roult,

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