Hindi Zahra : le rythme au corps

Pour sa première prestation en terre nord-américaine, le Festival Nuits d’Afrique a offert à Hindi Zahra son concert officiel d’ouverture. Visiblement honorée de cette attention, la chanteuse franco-marocaine a foulé les planches du National le 15 juillet, en offrant aux Montréalais une généreuse prestation.

Photos : Julia Haurio

La voix d’Hindi Zahra est sans l’ombre d’un doute l’un de ses plus beaux atouts. La chanteuse laisse d’ailleurs pénétrer son organe vocal sur scène avant sa personne. Alors que ses quatre musiciens, battent déjà la mesure du titre Try, on l’entend susurrer, mais on ne la voit pas.

Dans le public, les cous s’allongent pour tenter d’apercevoir l’auteure de cette douce mélodie. Elle ne se laissera pas désirer trop longtemps, juste ce qu’il faut. Arrivant à pas de velours, elle prend délicatement place et laisse esquisser un petit sourire de contentement alors que la foule l’accueille chaudement.

Hindi Zahra et ses musiciens enchaînent ensuite avec des titres de son premier album Handmade, paru cette année. Rythmées par deux guitares acoustiques, Imik Si Mik et Beautiful Tango placent le début de ce concert dans une atmosphère folk et reggae. Viennent ensuite plusieurs titres plus rock (Kiss & Thrills, Set me free), qui rappellent un peu le blues du désert des touaregs Tinariwen. Alors que les deux guitaristes ont pris leurs instruments électriques, Hindi Zahra pousse sa voix dans de puissantes envolées. D’apaisante, elle est devenue impressionnante.

Oursoul l’une des deux pièces chantées en berbère sur l’album (le reste est en anglais), vient ensuite et ramène une ambiance plus calme. Avant qu’au beau milieu du morceau, les musiciens accélèrent le rythme dans un genre de rumba nord-africaine, sur laquelle la chanteuse se livre à une danse très personnelle. Envoyant la tête de gauche à droite, bougeant ses hanches et ses épaules en accord avec les notes accentuées de son batteur, elle donne l’impression d’être totalement habitée par le rythme. Elle semble communiquer corporellement avec les sons, dans un langage bien à elle.

Photos : Julia Haurio

Elle ramène ensuite un peu de douceur, en s’installant toute seule à la guitare pour interpréter la ballade nostalgique Don’t forget. Elle interagit avec le public avec aisance et semble apprécier cet interlude où elle est seule face à lui.

Lorsque ses musiciens la rejoignent, c’est pour offrir une petite surprise, une version de la célèbre pièce de Bob Marley Waiting in Vain. Peut-être une manière pour elle, de faire un clin d’oeil au maître d’un genre qu’elle affectionne.

Le spectacle se poursuit avec une alternance de blues et de folk. La chanteuse, très expressive est aussi très généreuse en jeux de mains qu’elle a par ailleurs joliment parées.

Elle termine en rappel sur une note très rock avec la pièce Music. Bien qu’elle soit le centre de l’attention, Hindi Zahra est aussi entourée de musiciens efficaces et prêts à se livrer à de performants solos.

Le bilan de cette première incursion de la chanteuse franco-marocaine en Amérique du Nord est définitivement positif. Chapeau aux programmateurs du Festival Nuits d’Afrique qui ont saisi l’occasion, car il y a fort à parier que cette visite ne sera pas la dernière.

Quelques photos de la soirée

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Crédit photos : Julia Haurio, Touki Montréal

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