Agana vous salue

Le Festival International Nuits d’Afrique recevait ce dimanche Agana qui n’est pas moins que le fils d’Alpha Blondy. Un concert en demi teinte, l’artiste ayant mis du temps à rentrer en communion avec son public.

Le problème de micro rencontré par Agana dès le premier morceau était peut-être un mauvais présage. Malgré une belle entrée, il n’a pas réussi à faire bouger son public pendant toute sa première partie, élément important d’un concert de reggae. Et pourtant, le plus étonnant est que sa musique s’éloigne de ce genre en s’appropriant quelques branches du rock et même de l’electro. Des teintes qui donnent beaucoup d’énergie à sa musique. Mais la magie n’est pas venue tout de suite.

Les messages que diffusent Agana ont la beauté d’un discours à la fois universel et inscrit dans un espace précis. Agana est originaire de la Côte d’Ivoire et surtout le fils d’un grand  engagé. Le titre Marcoussis parle de lui-même. Il revient sur la déshumanisation de sa société dans Insécurité sociale. Dans Apologie K., il y dénonce la corruption.

Avec sa voix très calme entre les chansons, il revit complètement pour dire ses textes. Mais c’est peut-être ce décalage de ton qui a bloqué le public. Les explications étaient parfois trop longues. Agana a provoqué le rire de quelques spectateurs en parlant de Tarzan, un « batard » qui « ne peut pas être le roi des animaux et le roi de nos terres », une chanson pourtant très profonde.

Le concert s’est terminé sur une belle ambiance, avec des spectateurs lancés sur la piste au son d’un « rootsteady » accompagné de Momo, célèbre batteur montréalais venu s’installer pour les deux dernières chansons.

Agana semblait aussi manquer de place sur la scène du cabaret. Courant sur place, disparaissant parfois, regardant au loin, l’artiste ivoirien aura sûrement plus de réussite sur une grande scène, comme par exemple celle d’Emilie Gamelin, ce vendredi.

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