Des arbres en ville : du bonheur pour les citadins rwandais

Contraints par le gouvernement de planter des arbres dans les villes, les citadins rwandais apprécient aujourd’hui l’ombrage qu’ils procurent. Ces nombreuses plantations contribuent aussi à réduire la pollution et à lutter contre l’érosion sur les collines.

(Syfia Grands Lacs/Rwanda)

A Kigali et dans les autres villes du Rwanda, les arbres foisonnent et de beaux jardins publics soigneusement entretenus offrent des espaces de calme et de verdure aux citadins. Des arbres qui font la beauté des villes et assainissent l’atmosphère. Devant son magasin entouré d’arbres, Munezero Patrick se réjouit : « Je respire le bon air que soufflent ces arbres. Avant j’ignorais l’importance de planter des arbres ici au centre-ville et qui ne donnent même pas de fruits, comme les avocatiers. » Ces plantations, aujourd’hui appréciées, sont le fruit de gros efforts voulus par le gouvernement.

En 2004, celui-ci a lancé une campagne pour la culture de l’arbre. Les autorités locales en ont fait planter et tous les commerçants ont été contraints de le faire devant leurs magasins. Et pas n’importe lesquels, seulement les arbres sélectionnés comme les mieux adaptés à la ville.

Selon Remy Duhuze, chargé de la mise en vigueur des lois relatives à la protection de l’environnement au sein de REMA (Rwanda Environnemental Management Authority), « ces arbres présentent moins de risques d’accident lors de la circulation des personnes et des véhicules ». Et aussi, précise-t-il, ils produisent moins de déchets ce qui facilite le maintien de la propreté des villes.

Pour préserver ces jeunes arbres, des mesures rigoureuses ont été prises. Celui qui ose couper un arbre est passible d’une amende de 15 000 Frw (environ 30 $). Tandis que celui qui coupe un des palmiers plantés au bord des routes paye presque 1 million de Frw (environ 1700 $). Pour Remy Duhuze, cette pénalité élevée permet de remplacer le palmier détruit et incite les gens à porter plus d’attention à ces plantations. Un habitant de Ngoma à l’Est s’en est rendu compte : « Nous avons payé des amendes pour avoir piétiné ces plantes. Actuellement c’est nous qui assurons leur protection. »

Louise K., couturière au quartier commercial avoue qu’il est difficile d’entretenir ces arbres surtout quand ils sont petits : « On a fait un grand travail mais qui a donné un résultat. » Ces tout petits plants entourés de grillage pour bien les protéger, alignés au bord des rues des grandes villes, sont aujourd’hui devenus grands et les habitants au départ mécontents de cette obligation, reconnaissent aujourd’hui son bien-fondé. Ils apprécient aussi les jardins publics où ils viennent se reposer, ou prendre des photos.

De l’ombre appréciée

Selon Remy, ces arbres procurent non seulement de la verdure mais aussi un air frais aux citadins : « ils aspirent le gaz carbonique rejeté par les véhicules et les industries ce qui purifie l’air et rend le climat moins lourd dans les villes. »

Les arbres qui ont déjà cinq ans d’existence procurent de l’ombre aux gens qui font du shopping dans les centres-villes. Une femme qui cherchait des habits dans différents magasins de Kigali le constate : « Avant on attendait que le soleil baisse pour aller faire le marché, maintenant on y va à toute heure car le climat est moins lourd. » Tu ne vois pas comment je suis heureux, renchérit Alex vendeur d’arachides dans le quartier commercial de Kigali, les heures où il ya beaucoup de soleil comme à 14 h, je me mets en dessous de ces arbres, et mes clients commencent à connaître cet endroit. » Pour Nyirahirana O., une mendiante, l’ombre qu’ils procurent est aussi une bénédiction : « Tu vois que je n’ai pas des jambes. C’est difficile de me déplacer mais pendant les heures de soleil, je m’assois sous cet arbre. »

Autre avantage qu’explique Kimana, habitant de la colline de Mont Kigali qui constate que ces arbres nouvellement installés ont réduit considérablement l’érosion sur cette colline en périphérie de la ville : « La forêt du mont Kigali était en voie de disparition. Actuellement nous n’avons plus peur de l’érosion parce que les arbres sont bien protégés. ».

Par Djalia Bazubagira, Syfia Grands Lacs

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