Le destin (croisé) de Chouika Driss

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Finak Alyam (Destins croisée), le film de Chouika Driss est en compétition dans la catégorie Regards sur les cinémas du monde au Festival des films du monde de Montréal. Le film sera projeté au Quartier Latin le 3 et le 4 septembre. Chouika Driss a bien voulu répondre a quelques questions de Touki Montréal.

Comment est né le projet ?

J’ai été tenté depuis près de 10 ans par l’idée d’un film sur fond de l’époque des années folles de l’université du début des années 70 avec toute l’effervescence et l’ébullition qu’elle a connu et que j’ai personnellement vécu.

J’avais écrit un conducteur qui est resté dans un tiroir jusqu’au jour où j’avais évoqué le sujet avec mon ami le scénariste Mohamed Arious qui s’est tout de suite enthousiasmé et déclaré prêt à s’y mettre.

C’était en 2006. Et ainsi un premier jet a été rédigé à partir dudit conducteur, en optant pour un travail sur la mémoire et un traitement socio-culturel axé sur les rapports humains, loin de toute approche politique ou syndicaliste. Et de réécriture en révision, nous avons abouti à la version qui a été tournée en novembre décembre 2008…

Quelle a été l’une des plus grandes difficultés pendant le tournage?

Le film étant construit sur un parallèle mettant en scène un groupe d’étudiants à deux époques de leur vie : l’époque de l’université et l’époque de l’âge mûr, c-à-d 25 ans après, nous avions eu besoin des véhicules et costumes d’époque de la Police et des Forces Auxiliaires.

Nous avions contacté les diverses administrations et états-majors concernés qui avaient promis de mettre à notre disposition ce qu’il fallait. Seulement, deux semaines avant le tournage, les responsables de ces organismes ne répondaient plus. Black out total !

C’était un choc terrible pour moi. Je ne savais pas quoi faire. Finalement, tenant à tourner le film, j’ai totalement changé le découpage des scènes d’intervention de la Police et des Forces de l’Ordre.

J’ai opté pour des plans qui suggèrent les forces de répression plus qu’ils ne les montrent, justement comme des hommes « invisibles « , ou plutôt sans visages! Et ça n’a pas été facile…

Et votre prochain film ?

Mon prochain film s’inscrit dans la même lignée. C’est aussi un travail sur la mémoire du Maroc du début des années 70 : la grande circulation des nouvelles idées et des nouveaux livres progressistes et révolutionnaires, la création du Syndicat National des Élèves et l’effervescence dans les lycées qui a été couronnée par l’année blanche 1971/1972.

Comme pour « Finak Alyam », j’ai opté, en accord avec le scénariste, pour un traitement social et culturel, mettant en relief les rapports et les relations croisées d’un groupe de professeurs et d’élèves avec un bouquiniste pas comme les autres.

Le présent scénario est inspiré du parcours d’un personnage réel et de faits réels, mais avec une large part d’imagination et d’interprétation de la réalité. Non pas pour l’embellir, ni pour l’enlaidir, mais simplement pour la rendre plus lisible et plus compréhensible par les nouvelles générations.

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