L’armée silencieuse de Jean Van de Velde

Des enfants enlevés à leurs familles pour devenir des soldats rebelles, un père de famille prêt à tout pour sauver la vie du meilleur ami de son fils, une violence physique et psychologique parfois à la limite du supportable :  voici les ingrédients épicés du film L’armée silencieuse. Le long métrage de Jean Van de Velde est présenté à Montréal dans le cadre du Festival du Film Black de Montréal.

Eduard Zuiderwihjk, un hollandais de 40 ans, n’a pas une vie facile depuis la mort soudaine de sa femme. Il élève seul, Thomas, son fils de 9 ans et est propriétaire d’un restaurant en Afrique. Sa vie va bousculer, le jour où le meilleur ami de son fils, Abu, est enlevé avec 10 autres enfants par l’armée rebelle.

Thomas, inconsolable, ne cherche qu’à revoir son ami. Il va tenter de discuter avec le général Obeke, chef de l’armée rebelle pour le convaincre de laisser partir les enfants.

Jean Van de Velde, le réalisateur hollandais offre un film coup-de-poing, dur et traité, par contre, de manière un peu maladroite, sur un problème politique qui s’éternise dans certains pays africains.

Le film souffre par exemple d’un déficit de crédibilité. Est-ce vraisemblable qu’un restaurateur aille sauver un jeune enfant des mains d’un extrémiste? Le message que le réalisateur hollandais veut faire passer mérite un tout autre traitement et demande beaucoup plus de subtilités.

La violence est parfois irritable. Voir de jeunes enfants assister au massacre de leurs familles, se tirer dessus et devenir des mini machines de guerre sont des réalités, mais demandent une vision plus fine, moins rabatteuse. La scène où 2 enfants, les yeux bandés, doivent remonter une arme le plus rapidement possible pour tirer sur l’autre et tuer, est un bon exemple.

Il y’a aussi du bon. L’inspiration du réalisateur hollandais est perfectible à quelques occasions. La réalité du propos donne ainsi froid dans le dos. L’endoctrinement des enfants interpelle et leur évolution au sein de l’armée est malsaine, mais devient presque naturelle. À noter aussi la prestation des enfants (jeunes ougandais) qui arrivent à montrer une maturité et une sensibilité qui devraient inspirer bien des acteurs adultes.

Au final, un film lourd et bâclé avec un sujet intéressant, mais de plus en plus utiliser dans les documentaires ou fictions et qui peut être, demande un renouvellement de traitement de la part de réalisateurs.

Ce film sera présenté au Cinéma du Parc, Mardi 28 septembre à 19h, dans le cadre du Festival International du Film Black de Montréal.

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