Premier album studio pour Konono N°1

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Les magiciens du likembé expérimentent une nouvelle formule. Pour la première fois, en presque un demi siècle de carrière, les membres de Konono N°1 sont entrés en studio pour confectionner Assume Crash Position. Les cinq opus précédents étaient des compilations d’enregistrement de concerts pris sur le vif.

Konono N°1 est un orchestre atypique. La formation s’est fait connaître dans les années 60 en jouant dans les rues de Kinshasa en République démocratique du Congo. Konono est le chef de file d’un style alliant tradition et modernité. Le  « N°1 » a d’ailleurs été rajouté pour affirmer la pérennité d’une descendance toujours plus nombreuse.

L’orchestre est composé de trois likembés (pianos à pouces composé de lamelles métalliques fixées à une caisse de résonance), chanteurs, de danseurs et d’une section rythmique qui comprend des percussions traditionnelles, ainsi que des instruments fabriqués avec des matériaux de récupération. Le tout est amplifié avec les moyens du bord, comme par exemple une sono munie de mégaphones.

L’originalité de la formule provient justement de l’amplification des likembés assurée par des micros fabriqués à partir de vieux alternateurs de voiture. Une question de nécessité car dans les rues de Kinshasa, les instruments acoustiques ne faisaient pas le poids face au brouhaha environnant. Un son est né. Il fera la marque de commerce du groupe.

Certains amateurs occidentaux croient reconnaître dans la musique ce « sound system » des ramifications d’un rock d’avant-garde ou la plus digne pointe de l’expérimentation électroacoustique. Konono N°1 compte aussi son lot d’admirateurs chez les férus de musique électronique portés sur la transe. Ils ne seront certainement pas déçus par ce nouvel opus.

Assume Crash Position offre inévitablement une ambiance proche des conditions du « live ». La transe Bazombo (peuple  installée à cheval sur la frontière de l’Angola et du Congo) demeure la colonne vertébrale de ce singulier univers musical. Cette fois, le son est un peu plus « propre », il met en valeur le timbre saturé des likembés amplifiés, mais aussi une rythmique aussi précise que dynamique.

Presque du Konono N°1 de salon ? Non pas vraiment. D’autant plus que vous risquez de transpirer sur votre moquette car l’énergie déployée emporte tout sur son passage, y compris chevilles et genoux qui ne résistent pas à ces cadences trépidantes.

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