Les Africains du FIJM 2011

0

Les artistes africains invités pour cette 32ème édition du Festival International de jazz de Montréal ne sont pas des « puristes du jazz », mais offrent une belle diversité. On en avait déjà eu un aperçu avec la programmation en salle, il en est de même pour la programmation extérieure, présentée ce mardi 7 juin 2011 à l’Astral.

Comme à son habitude, le festival laisse une place de choix aux musiques du monde et on ne peut que s’en réjouir, même si l’Afrique se fait discrète pour cette édition. Si la quantité n’est pas au rendez-vous, au moins la qualité est là. La scène « Les Tropiques » située au coin  de Clark et Sainte-Catherine sera le lieu privilégié pour découvrir des formations originaires principalement des régions sub-sahariennes et d’Afrique du Sud.

Les amateurs de chants profonds et de guitare pourront apprécier le Group Doueh (27 juin). Doueh, leur chef, est un maître de la guitare électrique. Cette formation s’inscrit dans la tradition des musiques du Sahara occidental avec des influences de Jimi Hendrix et de James Brown.,

Freshlyground regroupe des musiciens d’Afrique du Sud, du Mozambique et du Zimbabwe (28 et 29 juin). Il propose un savant mélange de musiques africaines traditionnelles telles que le kwela ou la musique folk africaine, de blues, de jazz et de variété, avec des éléments de rock indépendant.

Le groupe était à Montréal en juillet 2009 dans le cadre de la 23e édition du Festival International Nuits d’Afrique. Pour la coupe du monde, avec Shakira, ils ont repris le tube de Zangalewa, Waka Waka.

Baloji est un rappeur belge d’origine congolaise (30 juin et 1er juillet). Son premier album avait révélé une grande habileté à manier les mots et les sens. Dans son deuxième opus, paru en 2010, il ne perd pas son talent d’écriture, mais propose en plus une musique métissée et dynamique entre slam, soul, afrobeat, jazz ou hip-hop.

Quel curieux mélange que la musique du groupe américano-éthiopien, Debo (1er juillet). Son « éthio-groove » (style auto-proclamé) réuni des influences aussi disparates que les polyrythmes est-africains, soul et funk américains, ainsi que les fanfares d’Europe de l’Est. Cocktail détonnant !

Khaira Arby est la diva du Nord du Mali (4 juillet). Une des rare femme du Sahara à occuper le devant de la scène, elle a dû user de persuasion pour passer au-delà des conventions sociales afin réaliser une carrière à hauteur de son talent. Blues du désert et voix robuste, voilà la recette de Khaira Arby et son groupe.

L’oreille de Caroline Johnson

Caroline Johnson est l’oreille world de l’équipe du festival. En tant que directrice de la programmation du FIJM, elle a son mot à dire sur la plupart des artistes africains invités et tient à préciser que « ce sont tous des coups de cœur ». Elle nous livre ses impressions sur Group Doueh, Baloji, Debo, Khaira Arby, Youssou N’Dour, Anouar Brahem…

Écouter l’entrevue :

caro_johnson_jazz2011

Programmation en salle

Rappelons que plusieurs Africains sont à l’affiche dans la programmation en salle du Festival International de Jazz de Montréal 2011. Le 27 juin, Élage Diouf assure la première partie de Youssou N’Dour. Ce dernier, dont on dit qu’il est le musicien africain le plus connu au monde, va recevoir pour l’occasion le Prix Antonio-Carlos-Jobim 2011.

Il a composé des chansons pour Nelson Mandela ou Paul Simon, il a été sur le devant de la scène lors de la coupe du monde de football dans son pays. Le légendaire trompettiste Sud-Africain Hugh Masekela revient à Montréal où on ne l’avait plus vu depuis 1993 (27 juin).

Après plusieurs années de silence, la chanteuse anglo-nigériane Sade fait un retour remarqué sur la scène du Centre Bell, le 30 juin et reçoit le Prix Ella-Fitzgerald 2011.

En terminant, il faut souligner la présence d’Anouar Brahem, peut-être le meilleur coup de cette 32ème édition du FIJM. L’oudiste tunisien s’installe pour trois concerts au théâtre Jean Duceppe (30 juin au 2 juillet). Programmé dans la série « Invitation », le festival lui a donné carte blanche et il a choisi de nous faire revivre trois de ses projets avec des musiciens aux origines diverses. A ne manquer sous aucun prétexte.

La liste complète de Touki Montréal au Festival de Jazz :

Spectacles gratuits :

–  Ben l’Oncle Soul, le 25 juin, 21h, sur la scène TD
–  Groupe Doueh, le 27 juin, 20h, sur la scène Les tropiques Bell
–  Freshlyground, le 28 juin, 20h, sur la scène Les tropiques Bell
–  Freshlyground, le 29 juin, 20h et 22h, sur  la scène Rio Tinto Alcan
–  Baloji, le 30 juin, 20h, sur la scène Les tropiques Bell
–  Baloji, le 01 juillet, 20h, sur  la scène Rio Tinto Alcan
–  Bebo, le 01 juillet, 20h, sur la scène Les tropiques Bell
–  Khara Arby and her band, le 04 juillet, sur la scène Les tropiques Bell

Spectacles en Salle :

– Sing the Truth : Angélique Kidjo, Dianne Reeves and Lizz Wright continue the legacies of Miriam Makeba, Abbey Lincoln and Odetta, 25 juin, 18 h, PdA,

– Hugh Masekela, le 27 juin, 19h, au club Soda

– Anouar Brahem et invités, le 30 juin, 01 et 02 juillet, 20h, à la Place des Arts

– Afrodizz, le 02 juillet, 23h, au club Soda,

– Sade au centre Bell, le 30 juin,

 

___________

Photos : Frédérique Ménard-Aubin et Chloé Sondervorst

Texte et audio : Vincent Rességuier

 

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.