FrancoFolies : Smod a refait le show

Originaire de Bamako au Mali, le groupe SMOD (composé des trois charismatiques chanteurs-musiciens Ousco, Donsky et DJ Sam) a retrouvé ce mercredi 15 juin pour la seconde fois la Scène Mutliculturelle des Francofolies 2011. Énergie positive et dialogues ouverts étaient au rendez-vous.

Aux Francofolies, le défi des chanteurs promus aux scènes gratuites, pourrait se décrire comme suit : d’une part, attirer le public en général très mobile et d’autre part, le convaincre d’écouter la totalité de leur prestation. Il est clair que pour le groupe malien SMOD, ces deux challenges ont été réussis haut la main face à un public définitivement conquis.

Issu de la nouvelle scène africaine, SMOD, formé en 2000, définit sa musique comme un mélange de plusieurs styles musicaux : le rap, le hip-hop, la musique traditionnelle malienne et le folk (quelques morceaux en guitare-voix).

L’aventure de ce quatuor devenu trio prend un virage décisif en 2005 quand Manu Chao s’invite un soir à un de leur enregistrement. De cette rencontre s’amorce le troisième album éponyme sorti en mai 2010.

C’est fort de leurs dix ans d’expérience et parés de leurs deux principaux atouts que sont le charisme et l’enthousiasme, que les trois compères occupent avec aisance la scène. Courant de tout côté, ils interprètent leurs titres phares : Les jeunes filles du Maliba, Les dirigeants africains, Simbala. À quelques mètres de la scène côté public, une ronde se forme, des couples se déhanchent, des enfants sautillent, des jeunes se dénudent : tout le monde se laisse happer par les harmonies rythmées et endiablées tandis qu’Ousco reprend le célèbre mouvement de Bob Marley .

Une véritable amitié se crée entre le public et les trois Maliens. Un mimétisme prend forme dans les gestes : on ne sait plus qui des artistes ou des spectateurs sont à l’origine des tapements de main ou des sauts. Qu’importe qui insuffle le mouvement, le public n’attend pas qu’on le sollicite pour montrer qu’il apprécie le spectacle.

Entre deux chansons, Donsky reprend son souffle et s’adresse directement aux Montréalais : « On sent à Montréal l’humanité, on sait qu’ici on peut être libre ».

Le petit discours qui suit aborde les motivations principales du groupe : l’engagement politique pour dénoncer la corruption, les inégalités et les ravages de la maladie en Afrique.

SMOD se désigne comme porte-parole d’un continent qui souhaite s’en sortir et qui pourrait trouver une solution dans le « hip-hop qui permet de parler des injustices sociales et de conscientiser » les populations des autres pays.

La fin arrive bien trop vite et il apparait clairement dans les yeux de SMOD que le retour aux coulisses est loin d’être réjouissant. Ultime présentation de chaque membre du groupe, derniers pas de danse et les lumières s’éteignent sous une huée d’applaudissements. Le public est resté , il a adoré.

Petite dédicace de Donsky, Ousco, et DJ Sam :

Quelques images de la prestation de SMOD

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.