Le printemps de Tunis, selon Abdelwahab Meddeb

À peine quelques semaines après le mois de janvier qui a vu la Tunisie initié un mouvement de protestation et de contestation qui ne s’est toujours pas calmé, Abdelwahab Meddeb publie Printemps de Tunis, la métamorphose de l’histoire aux Éditions Albin Michel.

« Le 14 janvier est un évènement qui a pour vertu de confirmer que l’histoire de s’arrête pas. Le désir de Liberté et l’appel à la démocratie ont émané du cœur d’un peuple d’islam informé de la référence occidentale assimilée à un acquis universel dont jouit l’humanité. »

Que retiendra l’histoire de cette révolution tunisienne ? Il est encore tôt pour tenter une quelconque introspection et ce n’est de toute façon pas l’objectif de l’auteur de cet ouvrage.

Abdelwahab Meddeb relate simplement le sentiment que lui, originaire de la Tunisie, a vécu pendant les jours et quelques semaines après le départ de celui qui était il y a pas si longtemps encore, le prince de la Tunisie, Ben Ali.

«C’est arrivé par surprise», première phrase de l’ouvrage de l’auteur de La Maladie de l’islam

Au mieux, l’auteur revient sur les raisons qui ont mené à cette révolution et avec son regard, d’auteur (plus d’une vingtaine d’ouvrages), d’universitaire (enseignant de littérature comparée) e t d’homme des médias (animateur de Cultures d’Islam sur France Culture), il se demande encore comment le web a pu jouer cette place importante dans la chute du « roi » de Tunisie.

« Ce désir de liberté n’est pas né à partir de rien. Il est le résultat de la politique bourguibienne de l’instruction. Nous assistons à l’un des effets décrits par Condorcet. La généralisation de l’instruction est la meilleure condition pour promouvoir des citoyens libres, capables d’influer sur l’évolution des lois »

Il dissèque quelques hypothèses en s’appuyant justement sur son état d’« exilé» mais surtout en observant le fonctionnement des jeunes, au premier rang duquel sa fille Hind justement et judicieusement présente tout au long de l’ouvrage.

En revanche, l’auteur ne met pas le couvercle sur certaines inquiétudes. «  Le vide est meilleur allié de la terreur», souligne-t-il en Post-scriptum de son essai de 174 pages.

 

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