RD Congo : l’automédication coûte cher dans le Nord-Kivu

L’automédication peut coûter cher aux malades qui ne prennent pas le traitement adapté à leur maladie, et à leur porte-monnaie si mal soignés, ils doivent ensuite aller à l’hôpital. Pourtant à Goma, à l’est de la RD Congo, plus de la moitié des habitants y ont recours par manque d’argent.

(Syfia Grands lacs Rd Congo) 

« L’automédication, c’est dépenser de l’argent pour des médicaments dont on n’est pas sûr qu’ils vont guérir le malade », insiste le Docteur Dominique Baabo, Médecin Inspecteur provincial du nord Kivu qui ajoute la prise de médicaments sans prescription peut mettre en danger la vie des populations. » Au Nord Kivu, à l’est de la RD Congo, faute de moyens, les habitants ont difficilement accès aux soins de santé et fréquentent de moins en moins les hôpitaux.

Pour éviter les coûts trop élevés pour eux d’une visite chez le médecin, les malades ont recours à l’automédication, en achetant directement des médicaments bon marché à la pharmacie, sans ordonnance.

Une pratique dangereuse qui coûte parfois plus cher aux malades que d’aller directement à l’hôpital. Car si le traitement pris ne les guérit pas, ils sont malgré tout contraints de s’y rendre.

Selon un médecin de l’Inspection provinciale de la Santé du nord Kivu, plus de la moitié des habitants de Goma se soignent ainsi eux-mêmes.

« Lorsque je me sens mal, je ne vais jamais à l’hôpital pour me faire soigner. Les soins médicaux coûtent cher et je n’ai toujours pas d’argent pour payer les consultations médicales. Je vais directement à la pharmacie pour acheter des médicaments », explique une mère de cinq enfants habitant Goma.

Une opinion partagée par Huguette Zahinda, étudiante à l’Université de Goma, qui trouve qu’il n’est pas donné à tout le monde de supporter les frais d’une consultation chez le médecin. « Quand on tombe malade et qu’on n’a pas de revenus, impossible de supporter les examens médicaux.

Pour des maux de tête par exemple, je n’ai pas besoin de voir un médecin, il suffit d’acheter des aspirines à la pharmacie », affirme-t-elle. Pour Yvette Mihigo, une autre habitante de Goma qui ne va jamais à l’hôpital, le remède est simple, quelle que soit la cause de ses douleurs. « Novalgine pour les maux de ventre, et paracétamol pour toutes sortes de migraines », explique-t-elle.

Une pratique dangereuse

Certains médicaments sont en vente libre à la pharmacie, mais encore faut-il, pour la personne malade, savoir de quoi elle souffre. Et pour ne pas mettre la vie en danger, les médecins recommandent de se faire examiner pour déterminer les causes exactes de la maladie.

Pour le Docteur Baabo, Médecin, le coût élevé des soins médicaux explique le recours à l’automédication ne suffit pas à justifier cette pratique qui peut s’avérer dangereuse.

« Si, pour combattre la fièvre, la prise sans ordonnance d’une aspirine peut être tolérée, c’est plus dangereux quand il s’agit d’une pathologie qui requiert un examen par un médecin qualifié qui peut décider du traitement le plus approprié », explique le médecin inspecteur qui déconseille fortement l’automédication dont les conséquences peuvent être néfastes. De plus, explique encore le Docteur Dominique Baabo, une prise répétée d’antibiotiques, par exemple, peut, à la longue, créer une résistance dans l’organisme, avec pour effet de rendre le médicament inefficace.

Pour faire face à ce problème, l’Inspection provinciale de la Santé de Goma a entrepris des actions portant sur la prévention et l’information mais surtout, pour assurer un meilleur accès aux soins, ce qui passe par la réorganisation du fonctionnement des structures de santé de la ville. L’Inspection entend aussi mener rapidement une campagne de fermetures de certains centres de santé qui ne remplissent pas les normes pour répondre aux besoins des patients.

Par Passy Mubalama

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