Vu de ma cage de Joseph Antoine Bell

Joseph Antoine Bell, l’ancien gardien de l’équipe nationale du Cameroun, mais aussi de L’olympique de Marseille, des Girondins de Bordeaux ou encore de l’As Saint Étienne a enfin publié sa vision du monde, en juin 2011, chez lez Éditions du Schabel.

Tout au long des 320 pages, que le lecteur, passionné de foot ou pas, décortiquera d’une traite, l’enfant chéri de Nkongmondo (quartier populaire de Douala au Cameroun) revient sur (presque) tous les grands moments de son illustre carrière. Il ne néglige (presque) rien et dit tout haut, comme toujours, ce qu’il pensait de sa cage.

Dans son long voyage de footballeur, il raconte notamment comment lui, fils d’instituteur, a su combiner à la fois jeu et école. « Chez nous, le football n’était pas interdit tant qu’il n’entrait pas en opposition avec deux choses fondamentales (…) les tâches ménagères (…) l’école », souligne celui qu’on appelle affectueusement Jojo.

Il revient également sur un épisode tragique, qui l’a probablement forgé : son passage pendant près d’un an et demi à la célèbre prison de New Bell. « Ce n’est pas un livre sur le foot, c’est un livre sur la vie », insiste notamment l’ancien gardien.

Joseph Antoine Bell, leader naturel, revient également sur tous ses combats, au premier rang duquel ses sempiternels batailles avec (et parfois contre) ses coéquipiers de l’équipe nationale. Il raconte notamment avec beaucoup de précisions toutes les frustrations qu’il a eues lorsqu’il défendait ses coéquipiers.

Alors qu’ils se démenaient sur le terrain pour défendre les couleurs de la Nation, au même moment, ministres, présidents de fédérations, fonctionnaires, brefs hommes d’État, eux,  n’avaient d’objectifs que de magouiller pour soutirer primes de matchs, dicter la liste de joueur à un entraineur, bref de plomber l’atmosphère, l’esprit d’équipe et de patriotisme.

Non sans amertume, le meilleur gardien africain de tous les temps revient également sur la coupe du monde de 1994 aux États-Unis, notamment la détestable opération « Coup de cœur » au cours de laquelle les Camerounais ont cotisé près d’un milliard de FCFA qui a disparu dans la nature alors qu’un ministre d’État en avait la charge.

Treize ans après avoir raccroché les gants et les crampons, le livre de « l’intellectuel du ballon rond », qu’on pourrait assimiler presqu’à un roman, et moins à un livre sur le foot, traite également des tares comme le racisme, la corruption et les liens sombres et nébuleux entre le sport, la politique et l’argent.

Vu de ma cage est un livre que le lecteur pourra lire également comme un livre d’histoire sur le Cameroun, sur le football africain, mais surtout comme un résumé de la vie fantastique de Joseph Antoine Bell.

En visite à Montréal, Bell a été reçu à l’Hôtel de Ville de Montréal ou il a signé le livre d’or de la Ville de Montréal, en compagnie de Manon Barbe, mairesse de l’arrondissement de LaSalle, membre du comité exécutif de la Ville de Montréal, responsable des sports, des loisirs et des grands événements sportifs et présidente de la Conférence régionale des élus de Montréal.

Quelques entrevues de Bell à Montréal :

Émission Desautels sur la Première chaine de Radio-Canada

Émisssion Tam-Tam sur Radio-Canada International

Émission spéciale sur Radio Allô Afrika

Quelques photos de la visite de Bell à Montréal

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