Abderrahman Sissako de Charles Castella (Une fenêtre sur le monde)

Dans un documentaire de 54 minutes, le cinéaste français Charles Castella suit Abderrahmane Sissako, également cinéaste et producteur mauritanien, et qui fait partie de ces réalisateurs africains qui ont su exporter leur savoir-faire en occident.

Parti faire ses études en URSS, cet enfant du continent, un peu mauritanien et un peu malien, finira par écrire son nom dans les anales du cinéma africain en racontant simplement ses souvenirs.

Dans Octobre, que le cinéaste français propose en image d’archive, on découvre l’Africain en Russie, alors qu’il fait ses premières armes dans l’industrie du cinéma.

« Je ne suis jamais revenu parce que je ne suis jamais parti », répondra-t-il au président du jury du 18e festival du cinéma africain de Ouagadougou, qui lui remettait le Prix du meilleur film (En attendant le bonheur), tout en lui suggérant de faire un film plus proche de l’Afrique.

Dans son pays, où il soutient les jeunes de la maison des cinéastes de Nouakchott, comme à Bamako, à Moscou comme à Paris, et ce, à travers toutes ses années, Sissako, navigue entre art et engagement. Dans son film Bamako, qu’il a réalisé « par devoir », le cinéaste met en scène le procès de la société civile africaine contre la Banque mondiale et le FMI

Le portrait que dresse Charles Castella est très flatteur et donne l’impression d’un homme plein de générosité, de ténacité, de liberté et pour qui le hasard des rencontres n’est jamais fortuit. Il propose également une découverte en filigrane de la Mauritanie et des us et coutumes.

Le plus grand bien de ce documentaire, c’est qu’il donne envie d’en savoir plus sur Abderrahmane Sissako. À la 55e minute, le spectateur voudra voir l’ensemble de l’œuvre du Mauritanie, particulièrement Bamako et En attendant le bonheur.

Grâce à la camera admirative de Castella, le spectateur (re) découvrira une histoire passionnante, celle d’un cinéaste qui n’a jamais su s’adapter aux aléas de son métier, au premier rand duquel l’écriture d’un scénario.

Le documentaire, présenté à Montréal dans la catégorie Panorama international de la 40e édition du Festival du Nouveau cinéma, est disponible en visionnement libre sur la webtélé de TV5MondeAfrique.

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