Tahrir, Place de la libération de Stefano Savona

Tahrir – Place de la libération, le film de Stefano Savona, qui revient sur les révolutions égyptiennes de 2011, sera présenté en clôture de la 14e édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), le 19 et 20 novembre.

Las de voir les images inédites d’un pays en plein changement devant son petit écran, le cinéaste italien a décidé de prendre sa caméra et de sauter dans le premier avion.

Au cours de son périple, Stefano Savona va filmer pendant 18 jours plusieurs jeunes, étudiants, libéraux, originaires de la campagne comme de la ville. Elsayed, Noha et Ahmed font partie de ces jeunes prêts à tout pour que leur pays change enfin.

Avec eux, le spectateur assistera à de grands moments, comme l’annonce de la démission du Raïs, comme au moins glorieux. La confrontation entre révolutionnaires et partisans du régime, notamment des prisonniers libérés et engagés grâce aux pétrodollars, est une des scènes choquantes du documentaire.

D’abord par le caractère violent de l’affrontement, mais également parce que les protagonistes sont obligés de briser le sol de la Place pour se ravitailler en pierres, seul arme à leur disposition. La destruction d’un bien commun pour protéger les rares parcelles de liberté, voilà qui présageait déjà du futur.

Également, les discussions sur l’après-Moubarak, alors même que ce dernier s’obstinait à s’accrocher à ses 29 ans de règne sans partage, ne font pas forcement sourire et six mois après le début de la révolution, le constat est cinglant.

Avant son dernier opus, le cinéaste avait filmé les combattants kurdes du PKK dans Carnets d’un combattant kurde, qui a lui valu le Grand Prix international de SCAM au cinéma du Réel 20006 à Paris.

Avec son Canon 5D, le cinéaste a continué dans la même veine en poussant un peu plus le bouchon. « Le cinéma documentaire peut recueillir ces instants où apparaît la liberté à l’état le plus pur : elle se niche dans le dialogue, dans les relations que l’on noue avec les autres grâce à la parole », souligne le réalisateur.

Amoureux de l’Égypte qu’il a souvent visitée au cours des vingt dernières années, Stefano Savona propose avec son documentaire de 91 minutes des images de la révolution, similaires à celles des chaînes de télévision.

Le traitement est toutefois différent puisque le cinéaste épargne au spectateur les narrations pseudos objectives et souvent, totalement subjectives.

Dans Tahrir, Place de la libération, chaque spectateur devra se forger son opinion, au gré des discours, mais également des expressions faciales et corporelles de tous ses « Indignés ».

« Le cinéma documentaire est le moyen idéal pour rendre compte de la force débordante de l’action collective : la littérature ou le journalisme peuvent la décrire dans le détail, mais dans de tels évènements il y a quelque chose d’éphémère que seul le cinéma peut fixer et recueillir.

Tahrir, Place de la libération sera présenté à la Grande Bibliothèque, en présence du cinéaste, le 19 et le 20 novembre, dans le cadre des RIDM

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