Les États-Unis d’Afrique de Yanick Letourneau

Les États-Unis d’Afrique, le dernier film de Yanick Letourneau, propose un voyage au cœur du panafricanisme, mais par le biais de la musique. Il a été projeté en première mondiale, le 10 novembre, dans le cadre des 14es RIDM. Il est présenté le jeudi 3 mai à 18h30 à l’Excentris, dans le cadre de la 28e édition de Vues d’Afrique.

Didier Awadi aux FrancoFolies de Montréal en 2010

Pour son deuxième long métrage, le réalisateur et producteur s’est appuyé sur la quête d’un panafricaniste, « l’Africain » Didier Awadi (Né à Dakar, d’un père béninois et d’une mère originaire du Cap-Vert).

Comme d’autres fils du continent, particulièrement des artistes, le rappeur des Positive Black Soul (PBS), rêve d’une Afrique meilleure. C’est-à-dire d’abord unie, libre et qui aurait enfin, une fois pour toutes, les clefs de son destin.

Pour y arriver, la première étape du chanteur est de parcourir une quarantaine de pays afin de dresser une liste, non exhaustive, des leaders africains et de leur prouesse.

Yanick Letourneau le suivra ensuite aux quatre coins du monde, pendant qu’il rencontre et compose, notamment, les titres de son album Président d’Afrique, dans lequel il reprend des extraits de discours de leaders d’opinion comme Cheikh Anta Diop (chercheur sénégalais), Kwame Nkrumah (père de la nation ghanéenne), Patrice Lumumba (révolutionnaire congolais), Nelson Mandela, qu’on ne présente plus, ou encore Thomas Sankara.

Le cinéaste québécois reprend d’ailleurs quelques uns des extraits épiques de ce dernier dans son documentaire de 75 minutes.

Après un coup d’État, au lendemain des années 80, le caporal burkinabé Thomas Isidore Noël Sankara décide de faire de son pays, un exemple pour le reste du continent. Au bout de quelques réformes, son pays accède à l’autosuffisance alimentaire.

Thomas Sankara prononcera un discours historique appelant tous ses homologues africains à ne plus payer dettes et intérêts aux banques et autres puissances. Il sera assassiné par la suite.

Près de 23 ans après, les aspirations des « hommes intègres », dirigés par Blaise Compaoré ont changé et à l’image de Smockey, rappeur burkinabé, les jeunes vont se retourner vers le passé. Dans une des scènes fortes du documentaire, l’artiste se remémora du capitaine martyr devant son ancien frère d’armes.

En Afrique du Sud, comme à New York, à Ouaga comme à Gorée, Awadi et Letourneau vont montrer une Afrique à contre-courant des quelques images misérabilistes auxquelles ont droit les Occidentaux.

Par ailleurs, un débat en fonds de toile sous-tend le fil conducteur du documentaire : est-ce que la musique peut jouer un autre rôle que sa fonction ludique? Didier Awadi a son idée et le documentaire le reprend, tout en laissant au spectateur le choix de le suivre ou non.

Les États-Unis d’Afrique est le deuxième long métrage de Yanick Letourneau après Chronique urbaine, en 2003, qui suivait le parcours complexe de plusieurs artistes hip-hop issus des quartiers populaires de Montréal. En 2010, il a coréalisé le documentaire Je porte le voile avec Natasha Ivisic, une québécoise qui s’interroge sur le port du voile dans sa religion, l’islam.

Les États-Unis d’Afrique est produit par Périphéria Productions et coproduit par Colette Loumède de l’Office national du film du Canada (ONF). Sa trame sonore est une conception originale du montréalais Ghislain Poirier.

2 COMMENTAIRES

  1. Je pense comme tous les autres rappeurs Afrik’1 que, si l’unité Africaine doit se faire, elle passera par les artistes aux plumes engagées. Car l’heure n’est plus à la cajole des meurs parce que ceux marchent sur nos mémoires ne nous font pas de cadeaux.Dire des choses avec les mots qui faut au moment ou il le faut et la musique qui transcende les barrières peut jouer se rôle au niveau du continent.
    Moi jais toujours coutume de dire dans mon « RAP » que le noir n’aime pas le noir parce que après 50 ans d’indépendance nous nous repoussons soit par nos barrières linguistique soit par nos mentalités . IL est temps de faire face avant que le l’Afrique ne devienne le république des clandestins.

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