Un jeune arbitre de foot très apprécié au Bas-Congo

A 19 ans, Kobe Nsiala est le plus jeune arbitre de la province du Bas-Congo, au sud ouest de la RDC. Sérieux et honnête, en dépit d’une rémunération insignifiante, il est très professionnel et respecté de tous, joueurs comme spectateurs. Devenir arbitre international est son objectif.

Il force l’admiration des spectateurs et fait la fierté de son milieu d’origine. A 19 ans à peine, Kobe Nsiala, fait déjà parler de lui comme arbitre à la Ligue de football du Bas-Congo (Lifbaco), au sud-ouest de Kinshasa. Correct, autoritaire, impartial… les décisions qu’il prend font l’unanimité et les rencontres où il officie se terminent sans casse. La saison dernière, il a ainsi raflé la palme du meilleur arbitre de la ligue du Bas-Congo face à 14 autres concurrents plus âgés. « Cela m’a encouragé et poussé à faire toujours mieux », avoue-t-il.

C’est en 2008 que Kobe a commencé sa carrière d’arbitre au cercle sportif de Mbanza-Ngungu, à 145 km à l’est de Matadi, chef-lieu du Bas-Congo. Il a alors 16 ans. Une année plus tard, il est sélectionné après avoir passé avec succès le test d’arbitre. Même s’il jouait au football, c’est l’arbitrage qui l’a toujours passionné. Une passion qu’il tient de son oncle, un ancien arbitre du même cercle sportif.

Depuis, Kobe a déjà officié dans plus de 50 matchs notamment ceux des éliminatoires de la coupe du Congo mettant parfois aux prises les équipes les plus célèbres des villes. « Je m’efforce d’appliquer les 17 lois du foot édictées par la Fifa », explique-t-il à ceux qui s’interrogent sur son secret. Ancien arbitre international, devenu instructeur, Coco Joel se dit impressionné par le travail du jeune arbitre : « J’ai découvert en lui du talent et de la volonté, voilà pourquoi, j’ai décidé de l’accompagner. Il ira loin ».

Honnêteté et sérieux

Mais le travail de Kobe Nsiala n’est pas facile. Mal loti et mal rémunéré, il se débrouille pour avoir de bons sifflets mais les tenues qu’il porte ne sont généralement pas réglementaires : T-shirt, short et bas de couleurs différentes. « J’aimerais que la Lifbaco pense à moi, demande-t-il. Car les tenues que portent mes collègues de Matadi, Boma, Kinshasa… sont bien meilleures ».

A chaque fois qu’il arbitre un match dans son antre de Mbanza Ngungu, Kobe ne reçoit qu’à peine 1000 Fc (1$). Pas facile de résister aux diverses sollicitations. Mais le jeune arbitre qui en fait une passion et un apostolat dit rester incorruptible et fournit l’effort pour ne pas tomber dans ce piège. Il se contente de ce que lui donnent ses parents chez qui il habite encore.

« N’eût été la conscience et surtout ma passion pour le métier, je tomberai facilement car, je ne peux rien faire avec ces miettes-là. Mais, je sais que je suis encore jeune, les moyens viendront », se rassure-t-il. N’attendant pas d’argent, il est resté le seul arbitre au cercle de Mbanza-Ngungu. Ses 11 collègues ayant tous claqué la porte. Face à la fougue des supporters, le jeune arbitre fait preuve de neutralité. C’est pourquoi il a toujours terminé ses matchs sans avoir été passé à tabac comme c’est parfois le cas dans la région et de nombreux supporters lui vouent un grand respect.

Devenir arbitre international

Dans une province qui ne compte que deux arbitres internationaux, Kobe n’a qu’un objectif : entrer dans la cour des grands. Il mise pour cela sur son sérieux et son talent qu’il aime bien exercer. « Je me demande pourquoi, les promesses de me faire jouer de grandes rencontres de la Ligue nationale de football (Linafoot), le prestigieux championnat de la Rd Congo ne sont pas toujours respectées. Ce qui m’aurait permis de mieux m’exercer », regrette-t-il.

Le jeune arbitre ne se décourage pas pour autant. Pour son autoformation, il suit régulièrement à la télé les grandes rencontres footballistiques internationales et passe des heures de coaching auprès de son encadreur.

Kobe ne néglige pas cependant son devoir d’apprenant. Elève en cinquième commerciale, il tient à finir ses études. « Un arbitre doit à la fin de chaque match faire un rapport. Sans intelligence et sans instruction, tu ne pourras pas », relève Kobe Nsiala qui désire aussi apprendre l’anglais pour bien préparer sa carrière internationale. Pour que le cercle de Mbanza-Ngungu ne manque pas d’arbitres, Kobe met sa compétence au service d’autres jeunes et prépare la relève : « J’ai été formé, je dois aussi le faire pour les autres pour que demain quand je ne serai plus là que le cercle sportif puisse survivre ».

Par Nekwa Makwala

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