Spectres du Belge Sven Augustijnen : Les derniers moments de Lumumba

Le Congo a eu son indépendance le 30 juin 1960. Quelques mois après, Patrice Lumumba, alors premier ministre, est mis aux arrêts. Il sera finalement tué le 17 janvier dans une brousse du Katanga. Spectres de Sven Augustijnen tente de refaire la chronologie des dernières heures du héros congolais.

Qui était réellement présent le jour de cette boucherie humaine? Qui voulait vraiment que Patrice Émérite Lumumba soit éliminé. Quel est le rôle de la Belgique dans cette affaire d’État. Autant de questions abordées tout au long du film de 104 minutes du cinéaste Sven Augustijnen.

Pour tenter d’y répondre, ce dernier s’est appuyé sur les recherches d’un acteur et témoin particulier de cette période, l’historien devenu chevalier, Jacques Brassinne de la Buissière, notamment auteur d’une thèse sur le sujet.

Il était surtout fonctionnaire du Congo belge à l’époque et donc au courant de quelques affaires, sauf de la plus importante de l’époque. Il avait notamment participé avec Lumumba aux travaux préparatoires à l’indépendance du Congo.

Pour refaire l’histoire, le cinéaste et son « personnage » vont aller à la rencontre de différents protagonistes et fils de. Du fils du ministre belge, qui aurait peut-être été coupable d’avoir envoyé une lettre avec le mot « élimination », à la fille de Moïse Tshombé (1919-1969), ancien putschiste du  Katanga, région riche en minerais de l’actuel et déjà Congo.

Le chevalier Brassinne va même se rendre dans la demeure de la veuve de Lumumba pour discuter avec elle et avec ses enfants.

En apothéose, le spectateur découvrira également les lieux où Patrice Lumumba a passé ses dernières heures avant d’être mis à mort.

Présenté à Montréal lors de la 14e édition des Rencontres internationales du documentaire, le documentaire Sven Augustijnen propose une vérité sur l’affaire Lumumba, celle du chevalier Jacques Brassinne de la Buissière.

Ce dernier sans le cacher ni le mettre en exergue tente de convaincre par sa démarche que l’État belge n’est en rien responsable de la disparition de l’une des figures les plus marquantes de l’histoire congolaise et même Africaine.

La musique parfois envahissante de Jean-Sebastien Bach, Passion selon Saint-Jean, tout comme les multiples interprétations contradictoires des témoins et fils de, ne contenteront certainement pas les sceptiques.

En revanche, la chronologie des dernières heures de la vie de Patrice Lumumba, assassiné comme tous les révolutionnaires de cette Afrique qui espérait mieux, confirme la nature parfois sauvage de l’homme.


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