The door of no return de Santiago Zannou

Que reste-t-il lorsqu’on a passé près de quatre décennies en occident, loin de sa mère et ses sœurs restées en Afrique? C’est le documentaire que propose Santiago A. Zannou dans son film « The door of no return », présenté à la dernière édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM).

Alphonse Zannou, père de l’autre, a quitté son Bénin natal il y a 40 ans et n’y est jamais retourné depuis. Pourtant, il avait juré qu’il y reviendrait : « Aujourd’hui, à 70 ans, installé à Madrid où il vivote chichement, il n’a toujours pas honoré sa promesse ».

Grâce à son fils, il décide finalement de retourner en Afrique, voir notamment sa dernière sœur vivante, Véronique, malade, mais surtout se réconcilier avec la patrie de ces ancêtres.

Dans son documentaire, le cinéaste Santi Zannou (El Truco del Manco) filme une réalité de moins en moins relevée : la déconnexion entre fils d’Afrique et leur terre, au nom d’une autre réalité, l’intégration.

Si le Bénin d’aujourd’hui, avec ses zémidjans et sa modernité, n’est plus le Dahomey qu’a connu Alphonse, il reste que la tradition a été préservée. L’omniprésence du vaudou et des rites capté avec beaucoup de tact par la caméra de Santi Zannou témoigne de cette réalité.

Dans son confort de Madrid, le septuagénaire a oublié ses racines, les esprits des anciens et à son retour, il devra se rappeler de tout et tenter de sauver ce qui est encore possible. La scène de retrouvailles et de réconciliation avec sa sœur, la dernière de la fratrie encore en vie est l’une des plus fortes du film.

Les tractations pour que la mère se sente d’Alphonse enfin mieux sont aussi symptomatiques d’une réalité africaine que la distance ne devrait jamais permettre d’oublier : le socle de la famille est dans le maintien d’un lien fort avec le passé.

Le titre du film n’est probablement pas un choix anodin. Au 18e siècle, déjà dans ce pays, des enfants étaient séparés de leur famille et devaient traverser la porte de non-retour, dernière étape vers l’inconnu, pour un long voyage sur une route (des esclaves) qui les menait dans un autre monde.

Dans le cas d’Alphone Zannou, la providence a fait qu’il soit retourné chez les siens pour se confronter à ses peurs et à ses mensonges, mais également, probablement, pour le salut de ses enfants.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.