Des magasins de Chinois pillés en RDC

Après la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle donnant Joseph Kabila vainqueur, des habitants de Matadi, chef-lieu du Bas-Congo, en RDC, ont mis à sac des magasins des Chinois en représailles à leur soutien supposé au président sortant. La ville a en effet majoritairement voté pour les candidats de l’opposition.

Syfia International

A Mvuadu, un quartier chaud de Matadi, capitale de la province du Bas Congo à l’ouest de Kinshasa, les racketteurs n’ont pas attendu la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle pour agir. Au soir du 8 décembre, lorsque la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a reporté une fois de plus l’annonce des résultats, ils ont dévalisé un magasin chinois et emporté des vélos, machettes, tôles, chaussures, vêtements…

Ces jeunes gens ont en effet profité du ras-le-bol des habitants qui voulaient en finir avec la psychose causée par cette longue attente.

Pour eux, « les Chinois qui mettent en œuvrent les 5 chantiers (Programme quinquennal du gouvernement sortant pour lequel les Chinois ont beaucoup œuvré, notamment dans la réfection des routes, Ndlr) soutiennent Joseph Kabila, le président sortant ».

La situation a empiré le lendemain après l’annonce de la victoire de Joseph Kabila. Un autre magasin des Chinois a été pillé à Minkondo, un quartier populeux de Mvuzi.

Pour dissuader les pilleurs, la police s’est déployée dans la ville tirant en l’air. Beaucoup de jeunes ont été appréhendés par la police. Malgré cela, ils continuent à constituer une menace. « Attendez, vous n’avez encore rien vu », lançait un vendeur ambulant. Depuis, les magasins tenus par des Chinois ont été mis sous surveillance policière.

L’incertitude du lendemain

Maire intérimaire de Matadi, Anne-Marie Niati promet d’être sévère : « Nous ne laisserons pas ces racketteurs narguer l’Etat. La loi sera appliquée », prévient-t-elle tout en lançant un message de paix à la population. Les commerçants chinois restent vigilants et sont inquiets. « La situation n’est pas bonne, nous avons peur », ne cesse de répéter un Chinois à ses clients au magasin King-li-shen à Kiamvu. Dans sa bouche, une seule date : le 17 décembre, date probable de la publication des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour Suprême de justice. « Qu’est-ce qui va se passer ? », s’interroge-t-il.

Outre les Chinois, les fidèles Kimbanguistes ont aussi fait les frais des manifestants à Matadi. Lors du vote, leur Eglise avait en effet reçu ou donné le mot d’ordre de voter pour Joseph Kabila. Au chef-lieu de la province du Bas-Congo où l’on a majoritairement voté pour l’opposition, le temple kimbanguiste visé est désormais gardé par des policiers et certains fidèles influents vivent en cachette. C’est le cas d’un cameraman de la Radio télévision nationale (RTNC) qui ne passe plus la nuit dans sa famille. Pour rassurer la population apeurée, Simon Mbatshi, gouverneur du Bas-Congo, a demandé aux habitants, « de garder le calme et d’éviter tout acte de vandalisme ».

Par Alphonse Nekwa Makwala

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