Atar Gull : Ou le destin d’un esclave modèle

Paru en 1931, Atar-Gull, troisième roman d’Eugène Sue, a été adapté en BD par le scénariste Fabien Nury et le dessinateur Bruno Thielleux et publié en octobre dernier aux Éditions Dargaud.

En pleine traite négrière, en 1831, dans une contrée qu’on ne connait pas vraiment, mais qui de toute évidence se trouve quelque part en Afrique noire, deux tribus s’affrontent : les Grands Namaquas et les Petits Namaquas. Pas très loin, à quelques milles nautiques, deux capitaines de négriers vont se livrer une chaude lutte pour le contrôle de la route maritime, mais également de la marchandise.

Un des chefs, Atar Gull, est ainsi d’ailleurs vendu et se retrouve par la force des choses en Jamaïque. « Son prix est élevé : c’est le fils d’un roi, un athlète, un guerrier ».

Son maître, Tom Will, un être qui se dit « humaniste » se prend d’affection pour ce costaud personnage, qui ne rêve que d’en découdre avec tous ceux qui ont participé à son exil (et son malheur), au premier rang duquel, son patron, mais également un certain Brulart, ex-gentilhomme, à la tête d’un bateau pirate.

Mise en couleur par Laurence Croix, Atar Gull – ou le destin d’un esclave modèle est violent et le thème abordé est dur. Et pour cause, l’esclavage n’est jamais un sujet léger.

Tout au long des 88 pages, les auteurs Fabien Nury et Bruno Thielleux plongent les lecteurs au cœur d’une période que l’humanité voudrait oublier.

Contrairement cependant à beaucoup d’ouvrages qui traite de la question de l’esclavage, Eugène Sue a crée un personnage atypique, qui ne vie que de vengeance et des envies les plus sombres.

À l’opposée du « gentil maître », et du « négrier honnête », le personnage central est un antihéros au sens moderne du terme. Exit le politiquement correct, bienvenue dans l’univers du  surmoi qui commande l’humain.

Quant aux auteurs, Fabien Nury, prix de la meilleure série au Festival international de la BD d’Angoulême pour « Il était une fois en France », et le dessinateur Bruno, qui a récemment reçu à Saint-Malo, le Grand Prix du festival Quai des Bulles, ils ont magistralement fait vivre les mots d’Eugène Sue.

Atar Gull ou le destin d’un esclave modèle de Fabien Nury et Brüno, Dargaud, 2011.88 pages.

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