Corneille signe un retour triomphant au Théâtre Corona

Le chanteur montréalais d’origine rwandaise, Corneille, a lancé le 29 mars son cinquième album Les Inséparables, déjà disque d’or en France, au Théâtre Corona de Montréal. Après avoir réglé les derniers malentendus avec son ancienne maison de disque, l’artiste s’est réjoui de pouvoir présenter ses nouveaux morceaux au Québec.

Le public québécois, toujours fidèle au poste, a pu notamment apprécier les refrains de Tout ce que tu pourras – dédiée à son fils – ou Le jour après la fin du monde. Généreux et sincère, Corneille répond aux questions de Touki Montréal avant de signer des autographes.

Après cinq ans loin de la scène musicale montréalaise, comment se sont passées vos retrouvailles avec le public au Théâtre Corona?

Le simple fait de voir ces gens, de leur dévoiler mes nouvelles chansons et de leur dire enfin que mon album est sorti – chose que je n’ai pas pu faire depuis cinq ans – ce sont trois choses qui font que ce soir, ça a été un grand moment.

En parlant de votre dernier album, Les Inséparables, comment s’est passée sa réalisation?

J’ai commencé à écrire les premiers textes et composer les premières chansons durant l’été 2010, tout juste après la naissance de mon fils, qui l’a grandement inspirée. J’ai aussi retrouvé un ami, Marc Volcy, avec qui j’ai arrangé et co-réalisé l’album. Au total, la réalisation de l’album a pris entre six et sept mois.

Quand Paris t’appelles fait partie des quinze chansons qui figurent sur l’album. Cette chanson rend hommage à la capitale française. Quel rôle a joué Paris dans votre carrière ?

Paris signe le début de ma carrière, c’est aussi simple que ça. Je parle de Paris comme on parlerait d’un amour qu’on aurait laissé parce qu’on a eu peur de s’engager. Finalement, on se rend compte de cet amour, très fort, et on y retourne pour de belles retrouvailles.

Les Inséparables se démarque des albums précédents par les nombreux duos avec notamment, TLF, La Fouine ou encore Soprano – figures très présentes sur la scène rap française actuelle. Comment se sont passées ces collaborations ? Qui a fait le premier vers qui ?

J’ai fait le premier pas dans le cas de Soprano comme dans le cas de La Fouine car j’ai réalisé des morceaux qui demandaient leur collaboration. Je dirai même plus que ce n’est pas moi qui les ai choisis, mais plutôt les chansons, que j’ai faites, qui les ont choisis.

Au départ, Des hommes et des frères, je ne connais personne d’autre qui aurait fait ce que La Fouine a fait. Au bout de nos peines, je n’aurai vu personne d’autre faire ce que Soprano a fait. Ils sont tous entrés dans mon univers pour l’enrichir avec le leur. Je viens de faire un duo avec Youssoupha. C’est lui qui m’a sollicité. J’étais déjà fan de lui, de son écriture alors quand je l’ai vu, j’ai dit oui tout de suite.

Vous avez aussi partagé un morceau, Enfermé dans ma liberté, avec le chanteur hip-hop québécois, Imposs. Qu’apportent toutes ces collaborations à votre propre expérience musicale?

J’ai appris à aimer la musique avec le hip-hop et le R’n’B américain. Dans cette culture, le hip-hop et le R’n’B vont de pair. Je ne m’étais jamais donné le droit de faire ce mélange. Par la suite, je me suis retrouvé dans un contexte d’ouverture d’esprit – en faisant mon album – qui m’a permis de me lâcher et de me dire : «Tu as toujours eu envie de le faire, alors vas-y». Ça a donc été naturel pour moi de collaborer avec un artiste hip-hop comme Imposs car cela me ramène à moi et à mes affinités musicales.

En plus de votre nouvel album, vous vous êtes lancé dans un projet : la composition des mélodies de la nouvelle comédie musicale de Roberto Ciurleo, Robin des bois. Qu’est-ce qui vous a convaincu de vous lancer dans cette nouvelle production?

 L’occasion de composer et de faire vivre un aspect de ma créativité au service d’un projet qui n’a rien à voir avec moi. Pour un auteur-compositeur, c’est un « kif » total. C’est une autre façon de me redécouvrir et de me prouver que je ne suis pas cloitré dans un genre unique.

Votre album traverse de grands thèmes comme celui de la paternité, de l’identité ou encore de l’unité. Quel message souhaitiez-vous transmettre en réalisant Les Inséparables ?

On doit, coûte que coûte, préserver son individualité et accepter qu’une identité peut être multiple et être influencée par l’environnement et les  rencontres. Aujourd’hui, plus que jamais, on peut faire partie de plein de camps, plein de petits groupes culturels, ethniques, religieux. Il faut trouver la force de dire que c’est correct de ne pas choisir un camp. Donc, conserver son individualité, faire en sorte qu’elle soit riche et plurielle. Et surtout, faire preuve d’authenticité.

Cet été, Corneille sera présent sur scène…

Quelques photos de la soirée de lancement au Théâtre Corona

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Photo : Irène Raparison

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