Elias K. Damawou à la défense du patrimoine musical togolais

En résidence de création pour trois mois à Musique Multi-Montréal, grâce au Conseil des arts et des lettres du Québec, le trompettiste, percussionniste, auteur-compositeur-interprète, Elias K. Damawou a répondu à quelques questions de Touki Montréal. De comment il est arrivé à la trompette au Jazz, en passant par la place de la musique traditionnelle à l’heure du rap et du hip-hop togolais, celui qu’on surnomme le « Miles Davis togolais » s’est exprimé à bâton rompu.

De passage dans la métropole pour la première fois, l’artiste togolais n’a pas manqué de constater le brassage des cultures qui règnent à Montréal et la place de la culture dans la société québécoise.

Bien qu’il arrive à jouer de plusieurs styles de musique, Elias K. préfère tout de même la musique traditionnelle. « J’aime tout ce qui culture traditionnelle », souligne-t-il.

Surtout, selon le récipiendaire 2012 de la bourse pour artistes UNESCO-Aschberg, l’explosion des musiques urbaine (rap et hip-pop) que vit le Togo ne pourra perdurer. Bien au contraire. « Ça ne peut pas vivre le Togo dans cinq ou dix ans », explique-t-il.

Pour le trompettiste, les Africains doivent retrouver la fierté de leurs peuples, de leur racine pour, entre autres, s’affranchir de la condition dans laquelle ils sont depuis plus longtemps.

« On ne peut pas refuser la nouvelle génération, mais on ne peut pas non plus refuser l’ancienne génération, dit-il […] Le problème c’est qu’on accepte la nouvelle génération, mais on est en train d’oublier l’ancienne génération. Or, tout est venu de là, tout est parti de là. »

Crédit photo : KEVIN CALIXTE

Il se considère d’ailleurs comme un pont entre ce patrimoine musical (Bella Bello, King Mensah etc.), qui jouait avec leur cœur et leur âme, et cette jeune génération de la scène urbaine, qui met le Togo sous les projecteurs.

« Je ne dis pas forcément qu’ils fassent de la musique traditionnelle. Ce n’est pas ce que je dis. Dès qu’ils essayent d’être influencés par leur racine. » Dans son cas, il n’était pas prédestiné à la trompette, encore moins au jazz.

Miles Davis, Bella Bello, Hugh Masekela, Manu Dibango sont quelques-unes des inspirations de l’auteur-compositeur-interprète.

Dans le futur, Elias K. a comme projet d’ouvrir une école de musique, «  Une école professionnelle pour enseigner le traditionnel et le jazz et revaloriser le cuivre, précise-t-il. [Au Togo], il y a beaucoup de fanfares et une histoire avec le cuivre.  Si tu vas dans chaque village, tu vas trouver une fanfare, mais professionnellement rien ne se passe. »

Il souhaite également créer un studio d’enregistrement et finalement un lieu de diffusion pour cette musique fusion entre le présent et le passé.

Avec son groupe ABLAFO (les « guerriers » de la tradition Ewé du Togo, il a enregistré son premier album Alode en 2008. Il travaille également sur la préparation d’un nouveau projet.

Pour en savoir plus :

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