Motherfucker publié chez Futuropolis

Dans cet ouvrage publié en 2012 par la maison d’édition Futuropolis, les auteurs Sylvain Ricard et Guillaume Martinez reviennent sur la question des droits civiques et la lutte des Noirs d’Amérique, en particulier celui du groupe d’activistes Black Panthers, contre l’exclusion et pour l’égalité sociale.

Motherfucker narre l’histoire de la famille Washington (Louise, la grand-mère; Jefferson, le père et le fils Vermont). Marié et père d’une jeune fille, le jeune Vermon doit lutter tous les jours pour sa place dans la société. En plus du combat qu’il mène avec les autres membres du groupuscule Black Panthers, il doit également mener un combat difficile au sein de son propre camp, contre son père.

À cette époque-là, dans les années 1960, les enfants d’Afrique qui ont obtenu leur liberté au gré d’âpres luttes doivent maintenant trouver une place dans l’Amérique. Les auteurs illustrent d’ailleurs bien à quel point ce combat est partout et à tous les niveaux.

L’épisode de jeunes garçon blanc qui se déguise en membre du Ku ku klan contre les jeunes noires dans une école témoigne de l’ampleur de la situation.

Amitié entre enfants qui ont grandi ensemble est aussi mise à l’épreuve. En l’occurrence, Vermont, Noir, et Pete, Blanc, vont voir leur relation se détériorer progressivement, aidée par des facteurs externes.

Motherfucker a le mérite de revenir sur un pan délicat de la lutte contre la différence, contre la ségrégation raciale qui a laissé beaucoup de traces dans la société américaine, notamment à Detroit, au Michigan où vit Vermont et sa famille, mais également ailleurs dans le monde.

Côté technique, ce premier de deux tomes en noir et blanc dessinés par Guillaume Martinez est magnifique. Les dessins et les traits sont fins et le scénario est plutôt réaliste et même carrément coup de poing. Quant aux personnages, ils sont ou attachants ou ignobles, comme dans la vraie vie.

Le lecteur ressortira de cette BD avec deux envies : attendre la parution de la suite pour en savoir plus et le désir que pareille situation ne se reproduise plus jamais dans ce monde.

Avant de se consacrer à Motherfucker, Sylvain Ricard avait également travaillé sur le scénario de 20 ans ferme, …à la folieLa Mort dans l’âme, alors que Guillaume Martinez avait planché sur les dessins des trois tomes du Monde de Lucie, tous chez Futuropolis.

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