Ce que le jour doit à la nuit d’Alexandre Arcady

1

À l’occasion du festival Cinémania, Alexandre Arcady a présenté son adaptation cinématographique du roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit écrit en 2008, et dont l’action se déroule principalement en Algérie de 1930 à 1962. Le réalisateur cosigne également le scénario aux côtés de Daniel Saint-Hamont.

Ce que le jour doit à la nuit raconte le destin de Younes, un jeune Algérien élevé comme un pied-noir par son oncle et sa tante. Sur fond d’Histoire (guerre d’Algérie) et d’histoire d’amour impossible, Younes traverse tant bien que mal les épreuves.

Tout commence lors de son enfance, lorsque sa famille, propriétaire d’un champ de blé dans l’arrière-pays, perd tout lors d’un incendie déclenché par les petites frappes du cheikh local désireux de récupérer ces terrains. Sans bien et sans un sou, les parents, Younes et sa petite sœur s’installent à Oran.

Ne pouvant plus joindre les deux bouts, le patriarche Issa se résigne à confier son aîné à son frère Mohamed, pharmacien et sa femme, Madeleine, professeure de piano. Rebaptisé Jonas, Younes entame une nouvelle vie qui ne sera pas sans épreuve.

C’est en vacances à l’étranger il y a déjà maintenant trois ans, que j’ai eu connaissance du roman de Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit en lisant une critique dans un journal. J’avais déjà lu plusieurs de ses livres et j’aimais cet auteur pour son écriture et la façon qu’il avait d’aborder les sujets les plus brûlants de notre société avec force, vérité et talent. Le sujet de ce nouveau roman ne pouvait que m’interpeller.

Alexandre Arcady

Une adaptation telle que celle-là nécessite une distribution hors du commun et à la hauteur du travail littéraire de Yasmina Khadra. Le cinéphile retrouvera dans ce film des acteurs qui n’ont plus besoin d’être présenté tels que Vincent Pérez (Fanfan, La Reine Margot), Anne Parillaud (Nikita, L’homme au masque de fer) ou encore Mohammed Fellag (Monsieur Lazhar, Inch’Allah dimanche).

Ces poids lourds du cinéma sont entourés de la nouvelle génération qui n’a vraiment pas à rougir de son jeu d’acteur, à l’instar de la tête d’affiche Fu’ad Ait Aaattou (Une vieille maîtresse) et de sa partenaire Nora Arnezeder (Les deux mondes) dans le rôle d’Émilie adulte.

Présenté en première Nord-Américaine, les spectateurs ont eu l’opportunité à l’issu de ces 2 h 39 de projection de poser leurs questions au réalisateur. C’est alors que l’on a appris qu’il est lui-même originaire d’Algérie, et que le film a été tourné en Algérie et en France, mais aussi en Tunisie en plein printemps arabe.

L’assistance a été séduite, mais une poignée de spectateurs semblait déçue par le travail du réalisateur. N’aurait-il pas dû mettre l’accent sur les conflits franco-algériens et un peu moins sur l’histoire d’amour? Pourquoi ne pas avoir mis en exergue la psychologie de Younes déchirée entre ses racines algériennes et sa nouvelle identité pied-noir? Où est passé Issa? Autant de questions auxquelles Alexandre Arcady a répondu sans détour : il fallait faire un choix. Plusieurs lectures du roman sont possibles, mais il a souhaité mettre en avant l’histoire d’amour impossible.

Malgré ces quelques commentaires, ce film est un véritable chef-d’œuvre. Gageons qu’il gagnera sa place dans le panthéon des films incontournables, de quoi ravir Yasmina Khadra. Les critiques français ne tarissent pas d’éloges. Le Monde et Paris Match l’ont qualifié d’un « Autant en emporte le vent en Algérie ».

Le point de départ, c’est l’histoire d’amour que mon père a vécue et qu’il m’a racontée. Quand il était jeune, c’était un très bel homme et il adorait aller se rincer l’oeil dans le quartier européen. Il vivait à Kenadsa, près de Colomb Béchar, aux portes du désert. Nous avions comme voisin Robert Lamoureux. Mon père fréquentait les Français. Il voulait tout apprendre d’eux, devenir infirmier. C’est ainsi qu’il avait jeté son dévolu sur la belle Denise.

Yasmina Khadra

1 COMMENTAIRE

  1. J’ai Lu les deux volumes en deux jours.
    Bravo
    Histoire tres captivante. Me suis estomaquee par le style et le courage de l’auteur d’aborder tel sujet . Connaissant l’algerien type, de rester avec une tel sobriety …excellent
    J’aimerai voir Yasmina khadra ecrire un roman avec une fin heureuse is possible

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.