Mokanda illusion : les aventures de Mata Mata et Pili Pili de Mongo Sisé

La collection BD de la maison d’édition française l’Harmattan a rendu hommage à l’auteur congolais Mongo Sisé en publiant son ouvrage Mokanda illusion.

Dans cette (ré)édition inédite des aventures des héros Mata Mata et Pili Pili, l’Harmattan BD offre une tribune mémorable à celui qui fut l’élève de Georges Prosper Remi dit Hergé, à Bruxelles, dans les années 80.

Mongo Sisé, considéré par plusieurs comme le précurseur du neuvième congolais (et africain par extension) est né en 1948 à Kinshasa. Il est diplômé de l’Académie des beaux arts de Kin.

«En 1974, Mongo Sisse se voit décerner le premier prix technique de la bande dessinée par la Centre culturel français de Kinshasa», souligne Alain brezeault dans une note biographique reprise par Christophe Cassiau-Haurie dans l’ouvrage.

Ce dernier, qui dirige la collection, a eu la brillante idée de proposer la version éditée ainsi que la version originale de Mokanda illusion. Entre les deux copies, l’éditeur propose une biographie très complète et élogieuse du bédéiste mort à l’âge de 60 ans, le 31 octobre, à Kinshasa, des suites d’un accident cardiovasculaire.

Mokanda_IllusionSur la BD à proprement parlé, Mongo Sisé s’inspire de ces parents encore en terre d’Afrique qui attendent le moindre geste salvateur d’un fils, proche ou lointain, parti étudier à l’étranger.

Dans le cas qui nous intéresse, la «grande famille» doit recevoir une lettre (mokanda, en lingala, une langue parlée à Kinshasa, capitale de la RDC) de Paris, et si possible avec dans le bout de papier, un peu (donc beaucoup) de devises étrangères.

«Un Blanc est venu d’Europe avec un Mokanda envoyé par le neveu de Mata Mata»

Extrait de la BD

Les héros de l’auteur, Mata Mata et Pili Pili, sont un peu ceux qui doivent s’assurer que tout se passe bien. À la manière d’un Hergé, l’auteur congolais offre une comédie truculente sur un sujet qui est resté encore d’actualité, malgré le temps : l’eldorado européen et l’illusion des espoirs qu’il faut naître. Les personnages sont attachants et ressemblent à ces hommes et femmes des grandes villes africaines.

En préface, José Mongo, le frère de Mongo Sisé, rend également hommage au crayon et au talent du bédéiste.

«Après les obsèques, j’ai retrouvé cette BD dans les archives de mon frère, un peu comme un testament dédié à ses lecteurs, dans la fidélité narrative d’une relation graphique que nul temps ne peut corrompre.»

José Mongo

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Pour en savoir plus

– Le site officiel de la collection

– La page Facebook de la collection

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