5e édition de Massimadi, le festival des films LGBT afro-caribéens : le long chemin

La cinquième édition du festival international des films LGBT afro-caribéens, Massimadi, s’ouvre lundi 25 février à Montréal. L’idée des organisateurs n’a pas changé : éveiller les consciences quant aux difficiles réalités des minorités sexuelles noires sur différents continents. Le but demeure difficile à atteindre, mais certains signes satisfont les bénévoles.

MassimadiLes bonnes nouvelles de l’édition 2013 de Massimadi sont d’abord «géographiques». Outre les films africains et nord-américains  les organisateurs du festival se montrent particulièrement fiers de présenter un film haïtien en ouverture, Masisi ak Fye, ak Kouraj du réalisateur Nick Stratton, par ailleurs invité d’honneur du festival.

«Ce film a été tourné sur place, il parle du travail difficile de l’organisation Kouraj, raconte Laurent Lafontant, responsable de comité de jeunesse à Arc-en-ciel d’Afrique, association LGBT qui a mis sur pied Massimadi. C’est rare d’avoir ce genre d’opportunité. Nous avons toujours plus de mal à trouver des films antillais, même si cette année, nous avons réussi à en programmer plus que d’habitude.»

De manière générale, la sélection du festival s’avère le résultat d’un dur travail, les organisateurs devant faire avec le peu de films LGBT réalisés par le sujet. «Souvent les films datent de deux dans, mais on les sélectionne tout de même parce que peu de personnes les ont vus», indique Laurent Lafontant.

Les efforts commencent néanmoins à montrer certains résultats dans la communauté noire, selon le bénévole. En filmant «ces minorités qui souffrent en Haïti, en Ouganda (avec Call Me Kuchu), en Afrique du Sud (Paving forward, présenté en 2012 au Festival du Film Black de Montréal) ou ailleurs, on montre surtout leur existence, souligne-t-il. Il est bien plus difficile de dire que ça n’existe pas. Bien sûr, la violence des homophobes reste réelle, il y a même encore plus d’agressivité qui se manifeste du fait de cette visibilité, mais on perçoit des progrès».

Se faire une place

Les films portant sur l’Afrique et les Antilles projetés cette semaine (au cinéma du Parc et à l’Impérial) ont en commun l’évocation «d’enjeux basiques, de besoins premiers : on veut être homosexuel sans se faire lapider». Les œuvres de la communauté noire LGBT nord-américaine n’ont pas (ou plus) le même objectif. «Ils sont dans un registre plus social, moins activiste : comment vivent les gens, leur relation amoureuse. Pour eux, c’est là que ça se joue désormais», ajoute Laurent Lafontant.

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The Gift of Family sera projeté le vendredi 1er mars 2013 à 18h00, dans le cadre de la journée des femmes

Tant par la programmation que par les conférences prévues tout au long du festival, les organisateurs ont cherché à varier les problématiques et les protagonistes.

Les femmes ont une place de choix, notamment lorsqu’est abordé le sujet de l’adoption, mais aussi pour des thèmes souvent «réservés» aux hommes gais, comme le VIH/Sida.

«On a voulu montrer qu’elles pouvaient également être concernées, par exemple si elles sont bisexuelles ou si elles ont eu des relations avec des hommes avant d’avoir des histoires homosexuelles», dit Laurent Lafontant

Cette cinquième édition illustre également l’intégration réussie de Massimadi à l’intérieur du Mois de l’histoire des Noirs. Là encore, la bataille a été difficile.

«On nous disait qu’on devait plutôt sur tourner vers la Fierté gaie, que notre place était là-bas. Mais on a fini par y arriver, à se faire une place», mentionne Laurent Lafontant.

Pour en savoir plus :

Le site officiel de Massimadi

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