Fatea, femmes au travail en Algérie : encore un long chemin rempli d’obstacles

Le webdocumentaire Fatea de Carole Filiu et ses complices, notamment Ferhat Mouhali, propose un voyage en Algérie, à la rencontre de neuf femmes qui travaillent et qui «expriment leurs espoirs et désirs de changement d’un État en crise».

Fatea_1C’est à travers le portrait intime de neuf femmes vivant dans neuf régions distinctes, en Algérie, que des réalisateurs ont pensé le webdocumentaire Fatea- «Femmes au travail en Algérie».

Aux côtés de Carole Filiu, journaliste web et photographe, Ferhat Mouhali, réalisateur de documentaires et militant associatif en Algérie, ainsi que  Barnabé Chaix et Mélinée Chanard qui ont également aidé dans l’écriture et le tournage de Fatea.

Le site permet une navigation facile : un taxi symbolisant le voyage et la route entre les villes. L’utilisateur découvre un autre aspect de l’Algérie, loin des stéréotypes et des idées reçues.

«L’idée était de montrer des femmes dans la vie active, et ce, dans tous les secteurs. Montrer des femmes motivées que la société juge, comme Houria de Ouargla, journaliste, Abla vendant des véhicules 4×4 au Niger, Louisa de Béjaïa , une étudiante très autonome, Nadjet, chef d’entreprise aidant les artisanes»,

explique Caroline Filiu au journal El Watan qui a participé au projet.

Fatea est d’ailleurs diffusé depuis le 3 décembre 2012 sur le site de TV5 Monde, El Watan et Youphil après près deux ans de travail en 2011-2012 (écriture, réalisation et montage).

Quelle est la différence apportée par Fatea à la panoplie de reportages sur les femmes Maghrébines ? Ce webdocumentaire est loin de la victimisation, de la tristesse et du fatalisme. L’auteure Carole Filiu montre la force de ces algériennes face à une société, qui reste malgré tout, très masculine. Cette force se traduit par un travail continu,  un combat quotidien et de l’espoir à revendre.

«Ouarda Karboussa a 33 ans. Cette jeune Algérienne, mère de quatre enfants, tient une boutique d’artisanat dans un petit village proche de Touggourt. Dans cette région située à 600 kilomètres au sud-est d’Alger, les femmes tissent depuis des générations des châles, des burnous et autres robes qui se vendent dans tout le pays.»

Extrait de la présentation

Malika, psychologue; Nadjet, chef d’entreprise; Houria, journaliste ou Louisa l’étudiante de Bejaia sont la personnification de ce combat des femmes, qui luttent pour reprendre leur place dans l’espace public, elles qui traditionnellement ont été confinées a la maison.

Le combat de ces femmes se heurte a une société conservatrice, aux traditions et aux tabous. «Une fille, c’est un sujet faible par rapport aux garçons, alors ils sont contre les déplacements des filles, avec des responsable homme… Ils ne veulent pas de responsable homme avec les filles», souligne Sadia Hamada, professeure d’athlétisme.

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Houria Alioua-Hadji, journaliste et correspondante pour El Watan, le grand quotidien francophone du pays, à Ouargla

Leurs chemins sont différents, leurs façon de faire aussi. C’est par le travail, professionnel ou social que ces femmes contribuent au changement de leur société de l’intérieure.

C’est le cas de Nora, 45 ans, née à El Oued (appelée Oued Souf par les Algériens). Elle est patronne d’un hamman, ouvert en 2002, situé juste au dessous de sa maison.

«Ce travail me fatigue beaucoup car je dois aussi tout faire à la maison… Mais j’y rencontre beaucoup de gens, les femmes viennent me parler, c’est un vrai plaisir […] On habite juste au dessus ! Alors comme c’est presque chez moi, mon mari me laisse travailler sans souci.»

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