RD CONGO : ouvrir un compte pour mieux gérer son salaire à Mbuji-Mayi

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Les agents de l’État sont de plus en plus nombreux à Mbuji-Mayi, au centre de la RD Congo, à ouvrir un compte bancaire pour retirer leur salaire quand ils le veulent, évitant les longues files d’attente des premiers mois de la « bancarisation ». Une avancée qui favorise l’épargne personnelle et le développement économique de la ville.

‘ »Je peux récupérer mon salaire quand je veux, la bancarisation m’a facilité non seulement le retrait de mon salaire complet, mais aussi l’ouverture d’un compte pour gérer rationnellement mon compte », se félicite Maurice Cyangu, un fonctionnaire. A Mbuji-Mayi, fatigués de faire de longues files sous le soleil pour toucher leurs payes à la banque, de nombreux fonctionnaires de l’État ont décidé ou été contraints par les responsables à ouvrir les comptes bancaires personnels.

BIAC_banque_CongoCeux qui l’ont fait peuvent désormais, lorsqu’ils ont été payés, se présenter au guichet de l’institution bancaire quand ils veulent pour récupérer leur salaire, ou une partie de leur salaire s’ils veulent épargner. Il en est de même pour quelques policiers et éléments des forces armées. Peu à peu chacun apprend à gérer les montants reçus dans son compte généralement plus élevés depuis la « bancarisation » des salaires qui a enlevé leurs prérogatives aux agents payeurs qui en détournaient souvent une partie.

« Je suis en mesure pour le moment d’affecter mon salaire aux besoins de ma famille. Auparavant quand je le récupérais des mains des agents payeurs, j’effectuais des dépenses improvisées sous l’influence de mes collègues de service », affirme Jules Tshibangu, agent à l’industrie, qui essaie désormais d’en garder une partie en banque pour faire face à certains besoins.

Un atout pour l’économie locale

« Selon le dernier rapport publié par le collectif des agents de l’État, environ 68%, des agents de l’État ont compris la nécessité de disposer d’un compte bancaire », affirme Franck Mulumba, agent de la fonction publique. Ouvrir un compte bancaire n’est pas très compliqué : il suffit de remplir les formulaires de la banque, d’y annexer les documents tels que les cartes de service et d’identité en bonne et due forme et la banque donne à l’agent son numéro de compte.

L’ouverture de ces comptes favorise la circulation des francs congolais utilisés pour toutes les opérations et qui ont pris de la valeur. Il épargne la population de la dépréciation de la monnaie face aux devises étrangères. L’argent circule aussi facilement entre les institutions. Les clients peuvent faire des opérations d’une banque à l’autre, évitant les escroqueries et les embuscades des coupeurs de route attirés par les gros sacs de billets. Ils ont permis à la population d’avoir des comptes bloqués pour sécuriser leur chiffre d’affaires. Autant d’atouts qui favorisent le développement de l’économie locale.

La ville a bénéficié de l’ouverture de trois institutions qui ont aidé à résorber le chômage en employant des jeunes gens. Leur présence favorise la concurrence. Chaque banque tient à garder sa clientèle et veille à la rapidité des opérations de paie et à éviter les ruptures de fonds. « Environ 750 comptes bancaires ont été ouverts dans notre institution pour cette première phase, et plus de 945 formulaires sont attendus, résultats de la bonne qualité de notre travail, » affirme Hubert Moke, agent d’une banque commerciale locale.

Enfin, les sociétés de télécommunication facilitent les transferts d’argent, en particulier pour les agents de l’intérieur. Il suffit ainsi aux policiers de recevoir un message accompagné d’un mot de passe secret sur leur téléphone mobile pour connaître le montant de leur solde. Ils peuvent ensuite la retirer auprès de n’importe quelle boutique de la société de communication qui travaille avec la Raw Bank.

Par Léon Kank

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