C’est bien plus qu’un jeu : la vérité du pape marseillais, Pape Diouf

Pape Diouf, l’ancien président de l’Olympique de Marseille s’est prêté à l’exercice de mémoire et d’autobiographie dans un fabuleux livre de 300 pages, paru aux Éditions Grasset, C’est bien plus qu’un jeu.

Dans cet ouvrage, sorte d’héritage et de mise au clair de ces années de direction à l’OM, le premier président de club, de premier plan, noir en Europe dresse une sorte de bilan de sa vie. Le lecteur, fan ou pas de Marseille, y apprend bien évidemment beaucoup sur le club de Drogba, Desailly et autres champions, mais également sur l’époque.

Cest bien plus qu'un jeu_pape_dioufFrançais par son père, sénégalais par son sang, marseillais par ses tripes, Papa Mababa Diouf a presque tout connu dans sa vie. Pourtant rien ne lui prédisait ce parcours de héros d’un autre genre.

Né au Tchad, en 1941, puis élevé au Sénégal, le jeune Diouf n’a que 18 ans lorsqu’il embarque dans un bateau pour l’école militaire en Hexagone. Comme souvent à l’époque, il débarque dans la cite phocéenne, un 25 avril 1970 et alors commencera une aventure dont les pages s’écrivent encore.

Très vite, la vie de militaire ne lui sied pas. De rencontre en désillusion, il se retrouve donc courtier, employé de poste puis pigiste au Marseillais, troisième quotidien de la ville. Il arrive alors par sa connaissance du football, par la lecture de ses idoles (Francois Thébaud, Franc Le Goulven, Pierre Lameignère) et surtout par son écriture à devenir un des journalistes les plus affûtés et qui maîtrise le mieux l’ambiance et l’esprit des Marseillais.

S’il aborde également en filigrane sa carrière d’agent de joueurs, souvent pour rectifier l’image et certains ragots à son endroit, Pape Diouf consacre l’essentiel de son propos à son passage à la tête du club marseillais, et ce seulement trois ans après son départ.

De sa gestion, il revient sur les bons coups, comme les mauvais, sur sa relation particulière avec le propriétaire du club Robert Louis Dreyfus, puis Margarita, sa femme et aussi avec l’énigmatique directeur technique José Anigo. Il balaie d’un revers de la main les rumeurs de liens avec la pègre locale.

«Il faut être fou pour devenir président de l’Olympique de Marseille, mais il faut l’être complètement pour imaginer que cela durera toute la vie. A la minute même où j’ai été nommé, j’ai commencé à penser au jour de mon départ. J’ai vidé mon bureau un dimanche, au mois de juin 2009. Je suis presque certain qu’il faisait beau à Marseille. Tout au fond, à l’intérieur, la météo n’était pas aussi bonne.»

Il est aussi question de sport, de football. Celui qui connait bien l’univers du ballon rond donne une analyse sans complaisance de ce sport qu’il connait bien.

Celui que certains désignent également comme le «Obama marseillais» règle également ses comptes avec ses prédécesseurs, Jean Claude Dassier et Vincent Labrune, et des Parisiens, au premier rang duquel Louis Blayau.

« Il m’a demandé pourquoi je ne l’aimais pas. Je lui ai répondu que ce n’était pas que je ne l’aimais pas, mais plutôt que je ne l’admirais pas. Mais je lui ai dit qu’il me fascinait. »

À propos de Bernard Tapie

En plus de dresser un portrait et de revenir sur les circonstances de l’arrivée de Bernard Tapie, Pape Diouf y va de son analyse, très pertinente du métier de journaliste qui n’a pas tellement changé depuis les année 70 :  « Mieux vaut un mauvais papier à l’heure qu’un bon papier en retard », peut-on lire dans l’ouvrage.

Les partisans de Marseille découvriront la version Diouf du départ de Didier Drogba, légende du club, revendu à Chelsea pour 34 millions d’euros après seulement une année. Il s’épanche aussi sur le cas Franck Ribery, taclant au passage l’agent de ce dernier, Bruno Heiderscheid : « exemple type de l’agent sans scrupules qui utilise toues sortes de moyens pour parvenir à ses fins ».

À la tête du club, Diouf a cotoyé cinq entraîneurs en cinq ans : José Anigo, Philippe Troussier, Jean Fernandez, Albert Emon et le dernier, et non des moindres, Eric Gerets. Puis, grâce à lui, selon lui, Didier Deschamps est arrivé à l’OM et avec lui, pleins de titre. Mais le pape marseillais n’était plus en place.

Bien qu’il n’est pas en librairie, C’est bien plus qu’un jeu est disponible au Québec sur commande auprès de libraire ou en version numérique.

C’est bien plus qu’un jeu, Éditions Grasset, 312 pages

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.