Kongo, le ténébreux voyage de Josez Teodor Konrad Korzeniowski

Dans Kongo, le ténébreux voyage de Josez Teodor Konrad Korzeniowski, les auteurs Tom Tirabosco et Christian Perrissin reviennent sur le voyage en Afrique de ce capitaine de la marine marchande britannique.

Ukrainien d’origine, précisément de Berditchev, en Podolie, le capitaine Korzenieowski en quête d’aventure et de bateau décide de participer à sa façon à la «grande œuvre civilisatrice» de la Belgique.

Kongo_TenebresDans sa jeunesse, ce dernier avait été fasciné par les aventures des explorateurs Henry Morton Stanley et David Livingstone et leurs retrouvailles au lac Tanganyika, en Tanzanie.

«Mai 1890. Le capitaine au long cours de la marine britannique, Josef Konrad Korzeniowski quitte Bruxelles, puis Bordeaux pour le Congo, en dépit d’un sentiment d’appréhension inhabituel chez lui…»

Dans le bateau qui le conduit au Kongo, le capitaine rencontre Prosper Harou, agent de l’État indépendant du Congo, qui lui aussi rejoint la colonie africaine. Déjà les premières craintes se font sentir : sept employés sur dix démissionnent au cours des six premiers mois, apprend-il à Josef.

Dans ce récit époustouflant de 176 pages de Christian Perrissin, mis en image par Tom Tirabosco, les lecteurs vont (re)découvrir les sinistres raisons qui ont prévalu en Europe alors que les dirigeants se partageaient tout un continent.

Plus que la terre et l’exploitation des trésors africains, notamment l’ivoire dans le cas du Kongo, le lecteur constatera à quel point la vie d’un Africain, «indigène», ne vaut pas plus que celle d’un chien. «La philanthropie du bon roi Léopold ne sert qu’à masquer le gigantesque pillage de ce territoire», explique d’ailleurs un ingénieur irlandais, Roger Casement.

Au nom du roi Léopold, «tout ce qui se réalise au Congo à pour but premier le développement du territoire et l’émancipation des populations»

En réalité, comme découvrira Josef, il s’agit pour le roi des Belges de s’enrichir grâce au trafic d’ivoire, et de prendre de vitesse les autres pays européens et arabes dans leur course à la colonisation.

Le mal du pays et la découverte de l’envers de la médaille vont finir par avoir raison du Britannique. Anémie, malaria, névralgie du bras droit, rhumatisme de la jambe gauche, Korzeniowski ne sera pas épargné par les affres de la vie.

Heureusement pour l’humanité, bien qu’ébranlé psychologiquement par cette expérience du Congo, le marin va se reprendre en se plongeant dans l’écriture.

Au-delà de l’histoire magnifiquement bien dessinée (traits sublimes) par Tom Tirabosco, Christian Perrissin revient à la fin de l’ouvrage sur la vie de ce véritable héros. Il retrace ainsi dans une biographie épurée, Conrad et les fantômes de Monsieur Kurtz, le parcours de cet homme. Il propose aussi quelques ouvrages de référence pour ceux qui veulent en savoir plus sur le Congo ou sur Conrad.

Avant cet extraordinaire BD publié chez Futuropolis, qu’on peut facilement qualifier de beaux livres à avoir bien en vue dans sa bibliothèque, Christian Perrissin a scénarisé Martha Jane Canary et La colline aux milles croix, toujours chez Futuropolis. De son côté, Tom Tirabosco a illustré plusieurs livres pour enfants,  Arnold, Léo et Léa, mais également Sous sols.

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