Analphabètes de Rachid O

Dans son dernier roman Analphabètes,  paru dans la collection blanche de Gallimard, l’auteur marocain Rachid O revient sur les derniers instants de personnes qui ont compté dans sa vie, au premier rang desquels, son père.

L’auteur de l’Enfant ébloui, Plusieurs vies, Chocolat chaud et Ce qui reste aborde comme dans le passé sa double vie de Marocain vivant en France. Il en profite également pour revenir sur les changements profonds qui touchent le royaume chérifien.

Analphabete_Rachid_ODans son livre de 128 pages, dont certaines se lisent plus vite que d’autres, Rachid O parle de son pays, du Maroc qu’il aime, comme de celui qu’il désapprouve. Au fond, l’idée de l’auteur est de montrer que la question de l’homosexualité est en réalité liée à l’analphabétisme d’une population.

L’exemple le plus patent est celui de Slimane, ce Marocain qui a vécu avec Gérard, Français installé à Marrakech depuis belle lurette et qui sera tué par son analphabète d’amant.

«J’ai perdu des êtres aimés et rencontré d’autres gens qui se sont mêlés à ma vie, mon père qui n’arrivait plus à habiter ce monde-ci, un jeune homme qui cherchait à être un bon frère, une logeuse avide de mettre tout le genre humain à l’abri, des Marocains et des Français qui ne se comprenaient pas ni ne comprenaient leurs sentiments. Tous ces analphabètes, c’est nous.»
Rachid O.

Sans détour, Rachid O en profite pour tacler au passage le traditionalisme de son pays d’origine. Une jeune fille retrouvée par son frère qui tient absolument à ce qu’elle fasse un examen de virginité, voilà une réalité crasse que l’auteur dépeint sans fioriture.

Par ailleurs, Analphabètes est aussi à l’image d’un lourd processus qui a été fastidieux. «Mon précédent et quatrième livre qui s’intitule Ce qui reste m’a mis d’une certaine manière dans un cul-de-sac littéraire», souligne-t-il d’ailleurs.

Le jeune garçon qu’il était à ses débuts dans l’Enfant ébloui a mué en auteur marocain homosexuel qui s’assume totalement. Pour autant, la vie n’est pas plus rose.

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