FTA : cinq questions à Robin Orlin, chorégraphe de Beauty remained…

La septième édition du festival Transamériques met cette année l’Afrique à l’honneur, en programmant deux spectacles qui parlent du continent. L’un d’eux, Beauty remained for just a moment then returned gently to her starting position, vient de l’Afrique du sud, conçu par Robin Orlin. Le spectacle raconte une fable dansante sur les thèmes de la beauté et du recyclage, thèmes qui tiennent à cœur à Orlin. Touki s’est entretenu avec la danseuse et chorégraphe.

Portrait_Robyn Orlin_cr_Olivier Pascaud

Chaque fois que vous créez un spectacle, vous travaillez avec différentes troupes de théâtre ou de danseurs. Cette fois-ci, vous avez choisi le City teatre de Johannesburg, Moving Into Danse Mophatong, un chorégraphe de Paris…Pourquoi ces choix?

J’ai choisi de travailler avec «Moving into dance» parce que j’ai un lien indirect avec ce groupe. Sylvia Glasser, la fondatrice du groupe, m’a enseigné quand j’étais petite, et j’ai toujours admiré et respecté sa façon de former et d’éduquer les danseurs de l’Afrique du Sud. Sylvia m’a approché il y a deux ans pour que je crée un numéro avec le groupe.

Au même moment, l’une de mes co-productrices m’a demandé de créer un spectacle autour du thème de la beauté de l’Afrique. Moi qui suis fatiguée que l’on perçoive l’Afrique comme un continent sans cesse condamné, j’étais très heureuse de faire ce projet et de travailler avec «Moving into dance».

Je trouve que ces danseurs font partie d’une génération d’artistes très talentueux ; ils sont curieux et intéressés, et le travail s’est très bien passé entre nous.

Comment est-ce possible de relier les thèmes du recyclage et de la beauté?

Pour moi, c’est très facile d’allier les deux ; il s’agit d’utiliser des métaphores, de réutiliser des objets d’une manière qui est belle, même s’il s’agit d’une canne de Coca-Cola. C’est dans l’esprit avec lequel nous jouons que je trouve la beauté. On en fait quelque chose de personnel, et c’est là que le voyage commence, arriver à trouver quelque chose que nous trouvons tous beau. C’est le point de départ.

3_Beauty remained_011_cr_John HoggIl paraît que vous prenez beaucoup de temps pour réfléchir aux thèmes de vos spectacles avant d’y introduire le mouvement. Est-ce un processus important pour vous? Est-ce que cela facilite la création des mouvements?

C’est très important pour moi de réfléchir au travail seul, même si je fais un spectacle abstrait. J’ai toujours un concept, que j’ai besoin d’explorer. Je ne me vois pas seulement comme une chorégraphe, je ne réfléchis pas seulement en termes de mouvements du corps.

J’ai une approche beaucoup plus holistique. Je n’arrive pas à une répétition en mettant des objets sur les danseurs. Je travaille de façon intuitive avec eux pour que le travail soit aussi significatif pour eux que pour moi. Je ne fais pas juste dire aux danseurs quoi faire.

Quelle est votre relation avec l’Afrique du Sud? Vous y êtes née, mais comme vous n’y habitez plus, pourquoi est-ce important d’en parler maintenant, dans ce spectacle?

Je suis née en Afrique du Sud, et je regarde toujours le monde avec des yeux de Sud-Africaine. C’est le pays et le continent qui m’a le plus nourri, inspiré et informé. Quand je dirigeais l’opéra «Porgy and Bess» pour l’opéra comique de Paris, je cherchais les personnages en Afrique du Sud, sans rien changer à l’opéra original.

Même chose pour l’opéra de Handel, pour l’opéra de Paris ; j’y ai fait des références à mon pays dans les deux premiers actes. J’ai encore mon passeport sud-africain. Je trouve trop difficile de le laisser tomber pour un passeport allemand.

Quel est le message que vous voulez que le public retienne de «Beauty remained»?

Je n’ai pas de message unique avec ce spectacle. Je veux juste que les gens soient touchés, et leur partager la joie que nous avons eue à créer ce spectacle.

Beauty remained_0141_cr_John Hogg

Beauty remained for just a moment then returned gently to her starting position sera présenté à Montréal pour deux soirs les 23 et 24 mai prochains au Monument-National.

 

AUCUN COMMENTAIRE

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.