Zaho, une valeur sûre du RnB francophone

De passage à Montréal, dans la ville qui lui a donné des ailes pour faire de la musique, Zaho s’est prêtée à l’exercice du marathon médiatique pour faire la promotion de sa participation aux Francofolies de Montréal. C’est autour d’un café, dans la salle de presse du festival, sourire aux lèvres, que l’artiste RnB s’est livrée à Touki Montréal.

Zaho credit Koria efr466-02-MFOn te décrit souvent comme Zaho, l’artiste d’origine algérienne, ou canadienne. Parfois on te qualifie d’artiste française.  Où te situes-tu dans tous ces qualificatifs ?

Depuis que j’ai quitté tout ce qui m’a construite, mon pays l’Algérie, je peux vivre n’importe où. C’est tellement dur d’immigrer, mentalement, moralement et vivre le choc des cultures.

Je suis curieuse des autres et n’existent pas sans eux. Je me suis enrichie de toutes ces cultures. Mon pays d’adoption, c’est le Canada. La France m’a accueillie parce que je chante dans la langue française, j’en suis reconnaissante.

Quelles sont les différences entre la Zaho qu’on a découverte dans le videoclip Hey Papi et celle d’aujourd’hui ?

Aujourd’hui, j’ai déjà 10 ans de plus ! Mais dans l’ensemble c’est la même personne. La musique c’est vraiment ma passion, j’en ai jamais assez malgré tous les prix que j’ai pu recevoir.

Pour chaque projet, j’ai toujours ce doute en moi, à chaque fois je repars à zéro. Je suis sûrement plus mature aujourd’hui. Je peux gérer le stress, mes émotions et j’arrive à voir la musique en tant que business, ce qui est très important. Je suis plus consciente et j’ai trouvé un équilibre.

La musique c’est vraiment ma passion, j’en ai jamais assez malgré tous les prix que j’ai pu recevoir.

Zaho credit Koria efr466-04-MFQue s’est-il passé dans ta tête lorsque tu as reçu le MTV Europe Music Awards pour le prix de la meilleure artiste francophone, en 2008 ?

Je me suis dit: Non c’est pas vrai ! Moi ? Vous êtes sûr, ils ne se sont pas trompés ? J’y croyais pas en fait. Et ensuite une grande émotion, I did it (je l’ai fait) ! Fière de moi, de mes parents, fière de mon public. J’ai réussi a briser les frontières.

Comment arrives-tu à canaliser toute cette énergie que les gens t’envoient ?

Je ne garde pas cette énergie pour moi, je leur rends. C’est ça la contagion ! Je suis touchée et je leur redonne tout. J’explose…

Est-ce vrai que tu joues de la guitare ?

La rumeur est vraie effectivement ! Même sur scène, je l’ai avec moi, surtout en tournée, pour des sets d’une vingtaine de minutes.

Tu écris toi-même beaucoup de chansons, t’inspires-tu de faits vécus ?

Ce qui sort de toi, tu l’as pensé quelque part. Maintenant que ce soit vécu ou pas, c’est autre chose. Si je n’avais pas été touchée par un sujet, ce serait faux dans l’écriture. Un thème que je n’ai pas vécu personnellement peut me bousculer à l’intérieur. Je suis alors obligée d’en parler.

C’est comme être un bon réalisateur qui traite d’une histoire banale et la transforme pour qu’elle puisse toucher tout le monde. Le défi, c’est faire de la poésie.

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Ton public sait que tu as un bon flow, pourquoi ne pas se lancer dans le Rap ?

Je rappotte desfois (rires) ! Je reviens toujours à la mélodie, pour moi le Rap c’est cool, la science des mots et du flow. J’ai toujours envie d’y ajouter des mélodies contagieuses, parce que je ne tiens pas en place et ne me réduis pas à un seul style. Pourquoi pas un jour rapper pour le plaisir.

Zaho credit Koria efr466-01-MFQue penses-tu de l’histoire qu’il y a eu (vraie ou fausse) entre ton ami La Fouine et le rappeur Booba ?

C’est tous les deux mes amis (rires). Le clash est vrai. On ne va pas réinventer le Rap, cela a toujours été la compétition. Il ne peut y avoir qu’un seul king (roi). Ils ne font pas la même chose et chacun a sa place.

Si on pouvait éviter cela, ce serait mieux pour l’image du Rap, mais en même temps ça met du piquant ! Je suis traitée comme une princesse dans ce milieu d’hommes, c’est comme une famille. Et dans toute famille, il y a toujours des embrouilles avec ses proches. Il faut pas tout prendre au premier degré.

Un(e) artiste québécois (e) qui t’impressionne vraiment ?

Ariane Moffatt, j’aime beaucoup. Elle a son propre univers, sa voix est simple, sans en faire trop. Tu sens qu’elle est carrée dans ses affaires, en plus d’être multi-instrumentiste. Et le groupe Karkwa que j’ai follow sur Twitter, je trouve magnifique ce qu’ils font. Un mélange de Coldplay et Radiohead en français, c’est vraiment cool !

Selon toi, est-ce que la France est un passage obligatoire pour réussir dans la musique dite urbaine et francophone (en plus de cela) ?

Non. Par contre si l’artiste a la chance d’être accepté par la France, c’est un pèlerinage. Le Hip Hop francophone est né là-bas. Les groupes mythiques comme NTM, IAM, la FF de Marseille et Sniper sont les représentants de ce berceau du rap. Un autre exemple, Drake qui est un Canadien de Toronto, son pèlerinage sera aux États-Unis. Je ne dis pas qu’on ne peut pas faire carrière au Québec, mais c’est juste plus difficile.

EZaho credit Koria efr466-03-MFt-ce que des feats avec des artistes américains sont en vue pour tes prochains projets ?

J’en ai fait quand personne n’en faisait ! Il y a sept ans, j’ai travaillé avec Flo Rida, aussi Sean Paul… Après j’ai fait des trucs qui ne sont pas encore sortis. Mais cela ne m’impressionne pas en fait de chanter avec un Américain. Le plus important pour moi c’est la rencontre.

L’artiste doit avoir ce petit truc magique qui va compléter ma chanson. Le feat de rêve serait avec Lauryn Hill, et encore si le feeling passe… Je veux pas faire de feat pour faire un feat. Cela ne fait pas plus vendre, c’est juste un luxe.

Comment as-tu rencontré le danseur et chorégraphe québécois Nicolas Archambault ?

Bien avant qu’il soit connu, j’avais fait un casting à Mont-Royal pour le clip de C’est chelou. Sur cent personnes, Nicolas dégageait quelque chose de différent, sans danser. Il avait tout pour lui, il brillait comme un soleil. Depuis ce temps, on est amis, on reste en contact et on essaye de se voir souvent. Ce n’est pas une personne ingrate, c’est un bon gars !

Pourquoi tu ne chantes pas avec des femmes ?

Je n’ai pas choisi de ne pas chanter avec des femmes. Je n’ai pas eu d’approche pour des feats féminins, on n’est pas venu me chercher. La seule avec laquelle je pourrais travailler, c’est Kayna Samet que j’aime beaucoup, qui est une amie. Elle a un côté Soul, voix cassée à la Mary J. Blige. C’est une bonne personne, bienveillante. Il y a aussi un feat avec une anglaise, Sarah McDonald, qui arrive bientôt.

Les amours ça va ?

Pour l’instant, j’ai pas trop le temps, je suis à fond dans le travail. Je sors d’une grosse rupture, depuis un an déjà. Il faut prendre le temps d’être en amour avec soi-même et de se reconstruire. Profiter de la vie. Si on ne se répare pas à l’intérieur, on refait les mêmes erreurs, les mêmes schémas. C’est la vie et ça se ressent dans mon album Contagieuse. Je suis bien entourée, je vis au jour le jour. Advien que pura et ceux qui m’aiment me suivent !

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1 commentaire

  1. Une artiste sincére et généreuse , c’est aussi pour ça qu’elle arrive a toucher les gens a travers sa musique !!!!

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