39 rue de Berne du Camerounais Max Lobe

Le Camerounais Max Lobe a publie le roman 39 rue de Berne chez l’éditeur Zoé. Le roman de 192 pages raconte l’histoire d’une mère et son fils que les mystères de la vie ont frappé.

La mère, Mbila, a été envoyée dans des circonstances très troubles en occident par son perré de frère. Elle n’a que seize ans lorsqu’elle débarque à Paris, avec une troupe de danse, et ce, grâce à la complicité d’un réseau efficient de passeurs de clandestins, de prostitution et de trafic de drogue. Il s’agit des «Philantropes-Bienfaiteurs».

39ruedeberne-MAx-LobeComble de malheur, le père de son fils Dipita n’est nul autre que le chef d’orchestre de ce réseau, Oyono Bivondo. Bonjour les dégâts!
De son cote, Dipita Rappard est un jeune enfant comme les autres, qui gobent tout ce que disent les grands, a commencé par son oncle Démoney, source de tous les mots et maux de la famille.

Le jeune garçon va grandir dans un univers féminin, entouré de wolowoss (prostitue ou escorte girl, selon l’expression consacrée) de  l’AFP (association des filles des Pâquis).

Il va y développer une sensibilité et un profond mal-être identitaire que l’arrivée de son premier amoureux va dissiper. En tout cas l’instant d’un amour puissant.

Né en 1986 à Douala au Cameroun, Max Lobe vit en Suisse. Il a fait des études de communication et de management.

Outre l’identité, l’auteur camerounais revient sur l’homosexualité, la réalité des Africains sans papier et la question de la réussite occidentale à tout prix en Afrique. En filigrane, et grâce à l’un de ses personnages principaux, Demoney, Lobe va en profité pour pointer les innombrables tares d’un régime politique corrompu, insatiable (cumul de mangeoires) et qui prive un peuple jadis heureux de tout espoir : espoir d’avenir, espoir de réussite, espoir de bonheur.

Surtout, la force de Max Lobe réside dans son pari de «camerouniser» son propos. Ainsi il utilise, ici et là, des références à la façon de parler si caractéristique des Camerounais (cotas, bifakas, mbongo, tchoko, depsos, feymen, mougou, matango etc.). Si ces derniers sauront apprécier le clin d’œil, reste à savoir si les autres le comprendront.
Rien toutefois qui empêche tous les autres lecteurs, de Suisse ou de France, de Montréal ou d’Abidjan d’apprécier l’histoire.

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