Jews of Egypt d’Amir Ramses au FFM : se souvenir des belles choses

Alors que l’Égypte a basculé ces derniers mois dans un chaos où chacun semble s’opposer irrémédiablement à l’autre, Jews of Egypt, présenté le 1er septembre au Festival des films du monde de Montréal, rappelle qu’il a existé un temps où les habitants du pays savaient vivre ensemble. À commencer par les juifs et les arabes.

Le documentaire de Amir Ramses donne la parole à des chercheurs, mais surtout à des juifs dont les parents ont fui l’Égypte au milieu des années 50, au moment de la crise de Suez. Beaucoup ont alors trouvé refuge en France. Leur récit ressemble à celui d’un éden à jamais perdu. «Nous étions des enfants d’Égypte», s’exclame l’une des témoins, des sanglots dans la voix.

Jews-of-egyptAvant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, l’Égypte «était plus tolérante», expliquait Amir Ramses, en avril dernier, au site d’information JOL Press, quelques jours après que les autorités du Caire ont voulu interdire la projection du film dans la capitale, sans y parvenir.

La création de l’État d’Israël et l’arrivée de Nasser au pouvoir sont décrites comme les deux événements-clefs dans le changement de situation qui a poussé des milliers de personnes à l’exil. «Jews of Egypt» a toutefois le défaut de chercher à montrer le sionisme en permanence comme un fléau. Amir Ramses insiste pour rappeler que les juifs ayant fui l’Égypte ont refusé d’aller en Israël.

En dépit de cette faiblesse, le documentaire demeure précieux tant la démarche est rare. Le réalisateur mûrissait ce projet depuis de longues années, souhaitant montrer une réalité historique tue pour mieux attiser la haine contre les juifs en Égypte.

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